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La production de blé dur s’annonce à la baisse

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Marché des grains - La production de blé dur s’annonce à la baisse

Arvalis-Institut du végétal prévoit une récolte au plus bas depuis vingt-cinq ans en France. Elle pourrait se situer entre 1,2 et 1,4 million de tonnes pour 2020-2021.

Avec des surfaces en baisse ces dernières années (voir l’encadré ci-dessous) et une partie des semis de la campagne en cours réalisés en conditions médiocres (40 % en moyenne se sont déroulés en janvier-février), on peut s’attendre en 2020 à des pertes de potentiel en blé dur. « Ce ne sera pas une année record en production, appuie Matthieu Killmayer, animateur de la filière blé dur chez Arvalis-Institut du végétal. Nous devrions nous situer entre 1,2 et 1,4  million de tonnes, soit au plus bas depuis vingt-cinq ans. »

> À lire aussi : Semis, les surfaces de céréales d’hiver et de colza chutent (11/02/2020)

Les disponibilités 2019-2020 étant réduites, le marché a été tendu dès le début de la campagne. Les cours du blé dur ont poursuivi une tendance haussière et se sont éloignés de ceux du blé tendre, contrairement à la précédente campagne. « Après avoir atteint 270 euros la tonne mi-octobre 2019, le prix du blé dur Fob La Pallice s’est replié durant les premiers mois d’hiver, puis s’est stabilisé autour de 255 €/t jusqu’à début janvier 2019, précise FranceAgriMer. Mi-janvier, il repassait au-dessus des 260 €/t, confirmant un écart avec le blé tendre de plus de 70 €/t.»

L’impact du coronavirus

« Sous l’impulsion de deux appels d’offres, dont un de la Turquie, ainsi que de la demande italienne pour ses besoins de fin de campagne, il y a effectivement eu une ambiance haussière, appuie Nicolas Prévost, de Durum SAS, société de négoce international spécialisée dans le blé dur. Le marché était, de plus, remonté du fait de la sécheresse présente en Italie. Toutefois, les conditions météorologiques chez nos voisins se sont améliorées depuis, et le coronavirus a stoppé net le marché du jour au lendemain. Désormais, les cours s’érodent. ».

> À lire aussi : Les conséquences du coronavirus pour les agriculteurs français (05/03/2020)

Certes, la France ne fait pas le marché. Mais si le premier acteur à l’international reste le Canada, cette année encore, la qualité de sa récolte a été médiocre, en raison de la présence de mycotoxines, notamment. « Les acheteurs se sont habitués à faire autrement, ce qui peut jouer en notre faveur et pérenniser une partie de notre clientèle », indique Arvalis.

FranceAgriMer complète : « L’excellente qualité des grains français de la campagne 2019-2020 a favorisé les ventes de blé dur sur le marché de pays tiers. » Ainsi, en 2018-2019, nos exportations avaient atteint 1,4 Mt avec des livraisons orientées à 82 % vers l’Europe – Italie, Espagne, Belgique – et, pour le restant, vers le Maghreb, la Côte d’Ivoire et le Mali. Pour 2019-2020, l’organisme indiquait, au 24 février 2020, que 248 687 tonnes ont été exportées depuis le début de la campagne, soit 26 % de plus que l’an dernier à la même date, notamment en direction de l’Italie. Selon FranceAgriMer, à terme, des pays comme le Kazaksthan, la Turquie ou la Russie seraient capables d’augmenter leur production, et de venir nous concurrencer davantage.

Céline Fricotté

Trois zones de production en repli

Les dernières estimations d’Arvalis tablent sur 257 000 hectares de blé dur en France pour 2020, soit la deuxième sole la plus basse de ces douze dernières années (voir l’infographie ci-dessus). Cette diminution s’explique, notamment, par des conditions climatiques moins favorables à la production au fil des années et par le fait que la culture est moins subventionnée qu’auparavant.

Si, dans le Centre, il y a eu cette année une bascule du blé tendre vers le blé dur, les autres régions (bassin Ouest Océan, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie) sont en net repli. Pour cette raison, un plan de transformation de la filière est prévu dans la région historique du Sud-Est (La France agricole du 14 février 2020, p. 24).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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