Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 30 juin 2021, le collectif « Objectif Zéro OGM » (1), dont fait partie la Confédération paysanne, Agir pour l’environnement et la Fnab (2) a une nouvelle fois dénoncé le non-respect, de la part du gouvernement, de la décision du Conseil d’État du 7 février 2020 relative à la réglementation sur les « nouveaux OGM ».

« Les injonctions du Conseil d’État ont expiré en août 2020 et depuis, rien ne s’est passé, souligne Maître Tumerelle, l’avocat du collectif. Nous sommes en présence d’un gouvernement qui refuse d’appliquer les décisions de justice, qui essaye de gagner du temps et de faire modifier la loi : c’est un problème de légalité stupéfiant », poursuit-il.

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Demande de traçabilité

Le collectif a lancé une pétition l’hiver dernier pour interpeller le gouvernement à ce sujet. Elle a collecté à ce jour plus de 125 000 signatures. Le sénateur Joël Labbé, soutien politique de l’action du collectif, s’est vu remettre de manière symbolique une bonbonne contenant plus de 125 000 graines de colza, pour l’adresser au Premier ministre.

Le collectif compte poursuivre cette pétition : « Lorsque les citoyens sont informés de l’existence de ces OGM cachés, ils s’y opposent et demandent de la traçabilité », souligne Jacques Caplat, secrétaire général d’Agir pour l’environnement. La Fnab exige également pour ses agriculteurs et consommateurs une évaluation, un classement et un étiquetage clairs de ces types de cultures.

Pourquoi ces organismes inquiètent-ils ?

Prenant l’exemple des variétés de tournesol tolérantes aux herbicides (VRTH), Valentin Beauval, de la Confédération paysanne, illustre les inquiétudes du collectif sur cinq points :

  • Un usage accru d’herbicides : « une hérésie » au regard des enjeux environnementaux et agronomiques liés à leur usage ;
  • Un indice de fréquence de traitement (IFT) souvent plus élevé, en raison du spectre d’activité limité des produits utilisés ;
  • Des herbicides utilisés dangereux pour l’environnement et la santé ;
  • Un risque de contamination des parcelles voisines en l’absence de suivi rigoureux ;
  • Un risque de contamination progressive du milieu, sans aucune traçabilité.

« C’est ainsi que l’intérêt à court terme d’une filière l’emporte sur l’intérêt général », déplore ce dernier.

Charlotte Salmon

(1) Agir pour l’environnement, Les Amis de la Confédération paysanne, Les Amis de la Terre, AsproPNPP, Bio Consom’acteurs, Collectif anti-OGM 66, Collectif Les pieds dans le plat, Combat Monsanto, Comité de soutien aux faucheurs volontaires 49, Comité de soutien aux faucheurs de Pithiviers, Confédération paysanne, Faucheurs volontaires d’OGM, Fédération nationale d’agriculture biologique, Générations futures, Intelligence verte, Loiret sans OGM, Mouvement de l’agriculture biodynamique, Nature & Progrès, OGM Dangers, Réseau Semences paysannes, Sciences citoyennes, Union nationale de l’apiculture française, Vigilance OG2M, Vigilance OGM et Pesticides 16, Vigilance OGM 33, Vigilance OGM 36.

(2) Fédération nationale d’agriculture biologique.