Le programme de recherche BFF, « Biomass for the future », qui a associé depuis 2012, 26 partenaires publics et privés dont l’Inrae, le Cirad, Armines-Mines Paris-Tech, Arvalis, des semenciers ou encore PSA, a mobilisé sur huit ans, 50 scientifiques et un budget de 27 millions € (M€) dont 10 M€ d’aides publiques.

« Nous nous sommes intéressés la production de biomasse ligno-cellulosique à partir de deux cultures, le miscanthus et le sorgho, a précisé Herman Höfte de l’Inrae, et coordinateur du programme, au cours de la conférence de presse de clôture du programme, le 12 novembre 2020. Notre objectif était d’optimiser la production et d’identifier des débouchés afin de contribuer à réduire les émissions de CO² dans le cadre du réchauffement climatique, avec le dilemme de produire de la biomasse sans compétition avec les besoins alimentaires et sans réduire la biodiversité ».

Elargir les ressources génétiques

Les programmes ont porté principalement sur la sélection variétale et sur la recherche de débouchés nouveaux. « En miscanthus, le programme de sélection engagé à l’Inrae d’Estrées-Mons dans la Somme a pour objectif d’élargir les ressources génétiques pour éviter qu’une maladie ou un parasite s’attaque au seul clone utilisé jusqu’à présent, et ne fasse disparaître la culture, poursuit le chercheur. En sorgho, ils ont surtout porté sur la tolérance au froid et la vigueur au départ pour permettre des semis plus précoces et éviter ainsi la sécheresse estivale, et l’adaptation de la culture, aux Cive, cultures intermédiaires à vocation énergétique ».

Énergie et biomatériaux

Côtés débouchés, les travaux ont permis de mettre en évidence l’intérêt surtout du sorgho pour la méthanisation. « Un composite à base de miscanthus pour l’industrie automobile a également été validé par PSA Peugeot Citroën, souligne Patrick Navarre d’Armines-Mines Paristech. Il est prêt à être commercialisé ». Des résultats intéressants ont été identifiés pour l’utilisation du miscanthus dans le béton.

Le choix des cultures semble judicieux, car elles intéressent les agriculteurs. Les surfaces de miscanthus sont passées de 4 000 à 7 000 ha en France au cours des cinq dernières années et celles de sorgho ont fait un bond de + 35 % en 2020, à 115 000 ha.

Blandine Cailliez