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Les populations d’oiseaux des champs et des villes diminuent

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Biodiversité - Les populations d’oiseaux des champs et des villes diminuent
Largement distribués, occupant de nombreuses niches écologiques et présentant des régimes alimentaires variés, les oiseaux sont d’excellents indicateurs de l’état de santé des écosystèmes. © Pixabay

Un nouveau rapport de synthèse confirme que de nombreuses espèces ont connu un fort déclin au cours des trois dernières décennies.

Issu du programme de suivi temporel des oiseaux communs, ou Stoc (voir l’encadré), un bilan contrasté des comptages d’oiseaux de 1989 à 2019 en France a été publié lundi 31 mai 2021 par la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), le Muséum national d’Histoire naturelle et l’OFB (Office français de la biodiversité).

« 32 espèces sont en expansion, comme le Rouge-queue à front blanc ou la Fauvette à tête noire, mais 43 régressent, telles que le Chardonneret élégant, la Tourterelle des bois ou l’Hirondelle de fenêtres, indique leur communiqué de presse. Les autres sont stables ou en trop faible effectif pour déterminer une tendance significative. »

Dans les milieux agricoles…

Le bilan montre que les oiseaux inféodés aux milieux agricoles, telles que l’Alouette des champs et les perdrix, ont perdu près du tiers de leurs effectifs en trente ans.

« Le modèle agricole intensif développé après-guerre et encouragé par la Pac est en grande partie responsable, pour avoir fait disparaître ou transformé leurs habitats et pour avoir diffusé massivement des produits chimiques, dont les pesticides qui ont bouleversé les équilibres alimentaires, décimé les insectes et abîmé durablement les sols », estiment la LPO, le Muséum et l’OFB.

> À lire aussi : Pour la LPO, l’agrochimie est responsable de la disparition des oiseaux des champs (26/05/2021)

… comme urbains

Quant aux oiseaux qui se reproduisent principalement en milieu urbain, comme les hirondelles ou le moineau friquet, ils sont aussi en fort déclin.

« La transformation des bâtiments et la rénovation des façades détruisent les cavités dans lesquelles nichent certaines espèces ; l’artificialisation toujours plus forte des milieux urbains diminue leurs ressources alimentaires ; la pollution due aux transports et aux activités industrielles a également un impact sur leur santé », ajoute le communiqué.

Espèces généralistes au détriment des spécialistes

Seuls quelques oiseaux capables de s’adapter connaissent une progression démographique, comme le pigeon ramier, le geai des chênes ou la mésange bleue. Hélas, ce phénomène d’accroissement des espèces dites « généralistes » au détriment des « spécialistes » révèle en fait une uniformisation de la faune sauvage, signe d’une banalisation croissante des habitats et d’une perte de biodiversité.

L’impact du réchauffement climatique serait plus perceptible avec notamment des populations d’oiseaux qui se décalent vers le nord pour tenter de rester dans les zones où la température leur convient.

Urgence

« Le programme Stoc joue un rôle crucial de lanceur d’alerte qui nous démontre scientifiquement l’urgence d’agir pour sauver les oiseaux et, avec eux, toute la pyramide du vivant », estime Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO.

« Avec l’État et ses partenaires, l’OFB tente d’apporter des réponses concrètes et des solutions pour agir, complète Pierre Dubreuil, directeur général de l’OFB. Il est urgent de les mettre en œuvre et chacun doit y contribuer. »

Céline Fricotté
30 ans de suivi

Le programme de suivi temporel des oiseaux communs (Stoc) fait partie du programme Vigie-Nature coordonné par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Il recense depuis plus de 30 ans l’avifaune française selon un protocole répété chaque année par un réseau d’ornithologues bénévoles répartis sur tout le territoire. Les dizaines de millions de données collectées sur le terrain par plus de 2 000 observateurs depuis 1989 sont compilées et analysées afin de mesurer l’évolution des populations des 123 espèces d’oiseaux les plus communes en France.

« À l’origine de plus d’une centaine de publications scientifiques internationales, le Stoc a ainsi permis d’orienter et d’évaluer les politiques publiques en matière de conservation de la biodiversité, informent la LPO, le Muséum national d’histoire naturelle et l’OFB. Ces analyses ont par exemple confirmé l’efficacité des réserves naturelles où les populations d’oiseaux se portent mieux qu’en dehors, et ont démontré l’intérêt des aides financières conditionnées “scénarios verts” qui doivent être développées dans le projet de la nouvelle politique agricole commune. »

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