Alors que le Parlement européen adoptait des objectifs contraignants en matière d’énergie renouvelables mercredi 14 novembre (dans le cadre de la directive RED II), l’Assemblée nationale a adopté deux jours plus tard « un amendement du MoDem excluant l’huile de palme de la liste des biocarburants, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur général ».

Lundi 19 novembre, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dénoncé lundi l’amendement « totalement contre-productif ». Celui-ci a été adopté de justesse, semant un trouble chez les « marcheurs », puisque tous les groupes d’opposition s’étaient ralliés au MoDem ainsi que cinq députés LREM.

Le soja pire que le palme ?

« L’intention de Bruno Millienne (MoDem) est extrêmement louable mais l’effet est totalement contre-productif parce que la mesure va provoquer un report sur le soja, on considère que c’est pire pour la déforestation que l’huile de palme, a jugé M. Griveaux lundi sur BFMTV. Nous, ce qu’on est en train de faire, c’est un plan global sur la déforestation. Il était présenté la semaine dernière par François de Rugy. Donc plutôt que de s’intéresser à un petit amendement d’un vendredi soir, je vous propose de regarder le plan global. »

« Il n’y a pas que l’huile de palme, il y a le cacao, il y a l’hévéa, il y a le soja, et l’objectif c’est zéro importation de produits qui génèrent de la déforestation en 2030 », a rappelé M. Griveaux.

Désaccords dans l’Hémicycle

Auparavant, Bruno Millienne affirmait que « cela fait quinze jours que l’on se bat pour expliquer pourquoi on fait la transition énergétique, pourquoi on rajoute de la taxe carbone, pourquoi on augmente la taxe sur le gazole… Et quand on veut faire du carburant propre en France, on garde l’huile de palme […] L’huile de palme, c’est plus nocif que l’essence », a affirmé l’élu des Yvelines.

Il a également souligné les enjeux en termes d’emplois pour la bioraffinerie controversée de Total à La Mède (Bouches-du-Rhône). « La transition écologique, si on veut qu’elle soit acceptée, on ne peut pas nous dire’’il faut écouter les gens’’ et quand on a 250 ouvriers qui vont se retrouver sur le carreau, dire’’ça ne compte pas’’ », a-t-il insisté.

Les députés ont achevé l’examen du projet de budget vendredi soir. Celui-ci fera l’objet d’un vote solennel mardi.

À lire également :

Environnement : stopper la déforestation due aux importations (9 novembre 2018)

Avec l’AFP