Pour les producteurs de melon, l’été 2021 se présente sous deux faces : un début d’été très productif mais sans acheteur à cause des pluies estivales, puis un écoulement facilité en août et septembre du fait du dégagement de la production. Même si les prix ont été soutenus en septembre, ils sont insuffisants pour compenser la mévente du début de l’été.

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  1. Surfaces : le Sud-Est domine encore plus

    Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, estime, au 1er novembre, que la surface implantée en melon en 2021 se monte à 12 110 hectares en France. Elle est donc légèrement supérieure (+1 %) à celle de la campagne précédente mais en baisse de 6 % par rapport à la moyenne des surfaces entre 2016 et 2020.

    Cette légère hausse s’est faite par des implantations en plein air (11 547 hectares), les surfaces sous serre (563 hectares) n’ayant pas changé. Avec 47 % des surfaces, le Sud-Est est le principal bassin de production du melon. Il l’est même de plus en plus en tendance puisque ses surfaces augmentent de 4 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les deux autres principales régions productrices, le Centre-Ouest (Pays de la Loire et Poitou-Charentes) et le Sud-Ouest voient leurs surfaces diminuer respectivement de 15 % (3 593 hectares en 2021) et de 11 % (2 775 hectares).

  2. Production : un mauvais démarrage

    Le recul de la production de melon est manifeste en 2021. La récolte serait de 228 508 tonnes, soit une baisse de 9 % par rapport à 2020 et de 10 % par rapport à la moyenne de 2016 à 2020.

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    Pour une fois, tout n’est pas de la faute du gel d’avril même s’il a pénalisé les premières implantations. Les températures froides de mai 2021 ont fortement affecté le développement des melons. En juin, même si les températures redeviennent favorables aux plants, les orages causent des dégâts dans plusieurs bassins. Les premières récoltes dans le Sud-Est sont peu productives. Dans le Centre-Ouest, les calibres restent petits. Dans le Sud-Ouest, le mildiou et les autres maladies cryptogamiques attaquent les cultures. Résultat : des parcelles restent non récoltées en fin de campagne.

  3. Prix : la météo plombe les achats

    La météo du début de l’été n’a pas eu que des effets négatifs dans les parcelles. Les consommateurs ont aussi déserté le rayon des melons au début de la campagne de commercialisation, l’idée d’un pique-nique sous la pluie froide n’ayant pas eu l’air de faire l’unanimité. Ensuite, la concurrence venant de l’Espagne vient percuter la production française, décalée en juin à cause de la météo. La production de melon est placée en crise conjoncturelle du 28 juin 2021 au 19 juillet 2021. Des concessions sont alors faites sur les prix. En août, les prix se relèvent en tirant parti d’une baisse de la production et d’une météo plus favorable. En septembre 2021, les prix sont supérieurs de 11 % à ceux de l’année précédente et de 13 % à ceux de la moyenne quinquennale mais ils passent en dessous de la moyenne des prix des légumes frais en France.

  4. Import-export : le déficit se creuse

    Les importations de melons (153 200 tonnes) augmentent de 3 % sur un an. Elles ont été assez intenses en juin 2021 alors que la production française était assez faible (un peu plus de 10 000 tonnes alors qu’elle approchait 30 000 tonnes en juin 2020). L’Espagne alimente presque 70 % de ce flux, largement devant le Maroc (40 000 tonnes).

    Les exportations augmentent de 1 % en 2021 mais elles restent largement inférieures (32 400 tonnes) aux importations. Le déficit commercial du melon (120 800 tonnes) se creuse de 4 % en 2021.

Éric Young