« L’enjeu pour maintenir la production de betteraves sucrières sur nos exploitations est d’améliorer la productivité tout en baissant les IFT, prévient Jérôme Hary, agriculteur et président de la commission de la betterave de Tereos. Cela va nécessairement passer par l’innovation. » C’est dans cet esprit que le groupe coopératif collabore depuis cinq ans avec Ecorobotix, une entreprise suisse spécialisée dans le traitement ultra-localisé.

Une solution attelée

Sur 16 hectares de la ferme Tereos, c’est la troisième version de la solution Ecorobotix qui a été testée cette année. Contrairement aux solutions précédentes entièrement robotisées, celle-ci est attelée à un tracteur, « ce qui permet d’intervenir rapidement et d’être déployé sur plusieurs exploitations », précise Jérôme Hary. Baptisé Ara, le pulvérisateur est équipé d’une rampe de six mètres de largeur et d’une cuve frontale pour le produit.

Détecter adventices et betteraves

Un mètre devant les buses, trois caméras à haute définition détectent les adventices et les betteraves. En désherbage, les buses positionnées tous les 4 cm se déclenchent lorsqu’une mauvaise herbe est détectée. Cette pulvérisation localisée permet d’économiser jusqu’à 95 % de produit sur une intervention. Afin que l’intelligence artificielle puisse faire la différence entre la betterave et l’adventice, il n’est pas possible d’intervenir avant le stade des 2-4 feuilles.

Des perspectives pour les insecticides

Au-delà du désherbage, David Sergent, directeur du pôle des coopérateurs de Tereos, envisage de tester cette solution pour les insecticides : « L’idée serait de cibler le traitement sur les betteraves et non plus sur l’interrang. Nous y voyons un intérêt majeur dans la lutte contre les pucerons. »

L’Ara peut travailler jusqu’à 5 km/h et il est capable de traiter 30 ha par jour. Dans sa version destinée à l’élevage, il est déjà commercialisé pour la destruction des rumex dans les pâtures.

Corinne Le Gall