Des tracteurs étaient partis de la Loire-Atlantique mardi soir pour renforcer la manifestation des opposants aux réserves d’irrigation organisée le 22 septembre 2021 à Niort, notamment avec La Confédération paysanne.

Pique-nique géant

Un pique-nique géant a rassemblé de 1 500 à 2000 personnes sur les pelouses de la place de la Brèche, en plein centre-ville, tandis que les représentants des différents mouvements et associations qui prennent désormais fait et cause contre ces réserves se passaient le micro.

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Elles sont devenues le symbole d’un modèle agricole, selon eux, inadapté au changement climatique, modèle qu’ils refusent en bloc et dont ils accusent la FNSEA d’en faire la promotion.

De Niort, les opposants se sont ensuite rendus à une trentaine de kilomètres de là sur le chantier de la première réserve des seize prévues, lancé au début de septembre à Mauzé-sur-le-Mignon. Malgré une forte présence de gendarmes et de CRS, ils ont fait tomber les grilles qui l’entourent, ont investi le site et interrompu le ballet des pelleteuses.

« Bassines non merci »

Le collectif d’origine, « Bassines non merci » [« bassines » étant le nom donné aux réserves de substitution par leurs opposants, NdlR], s’est créé autour de Surgères et de Mauzé-sur-le Mignon, aux confins de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres en 2018. Venait alors d’être signé à la préfecture de Niort le protocole d’accord qui devait permettre la construction de seize réserves d’irrigation sur ces deux départements.

Ceux qui rejetaient ce protocole n’étaient alors qu’une poignée. Leur mouvement a agrégé depuis différentes organisations aux étiquettes variées, associations écologistes, syndicats de salariés et syndicat agricole (Confédération paysanne), collectifs anti-pesticides, partis politiques ou clients de magasins bio

Hier, les manifestants qui ont convergé à Niort venaient de toute la région Poitou-Charentes et des Pays de Loire. Le « Bassines non merci » a depuis fait des émules. Des collectifs du même nom se créent désormais dans d’autres départements.

« Il faut gagner cette bataille ici »

Le démarrage du chantier de la première réserve aurait pu affaiblir la mobilisation. Il n’en est rien, elle semble même s’accroître. « Depuis le premier coup de pelleteuse, trois nouveaux projets ont été lancés dans le Berry, la Haute-Vienne et en amont de la Boutonne », a regretté le leader du mouvement, Julien Le Guet.

« Si on les laisse démarrer ici, ce seront cent bassines que nous aurons dans le Poitou-Charentes, et même potentiellement deux cents. Et il y aura des milliers d’ouvrages sur l’ensemble du pays. Il faut gagner cette bataille ici, dans les Deux-Sèvres, si on veut que le péril bassines que ne s’étende pas à l’ensemble du territoire national. »

Inter

La Coordination rurale a réagi à la suite de la manifestation. Dans un communiqué du 23 septembre 2021, le syndicat « s’agace de voir circuler une multitude de contre-vérités ».

« Que proposent les manifestants ? D’arrêter l’irrigation, d’arrêter la production de fruits et légumes alors qu’on importe déjà 50 % de ce que l’on consomme ? Est-ce un programme digne d’un syndicat comme la Confédération paysanne qui est censé défendre les agriculteurs ? », s’interroge la CR.

« Au même titre qu’il existe des contraintes pour lutter contre la déforestation importée, la Coordination Rurale demande des mesures similaires pour lutter et contraindre les importations de denrées ayant été produites avec une irrigation non durable ! », ajoute le syndicat.

Myriam Guillemaud et Alexis Marcotte