« Les rendements catastrophiques de 4 q/ha en 2020, contre 8 à 10 q/ha en année normale, démotivent des producteurs, explique Philippe Boyer, président de l’ODG lentille verte du Puy. En polyculture-élevage, certains sont aussi tentés de consacrer davantage d’hec­tares à du fourrage pour pallier les sécheresses. » La filière regroupe 600 producteurs, sur 3 000 ha, et trois collecteurs- trieurs-conditionneurs (Euréa Coop, Trescarte et Sabarot).

La lentille verte du Puy, unique légume sec reconnu en AOC depuis 1996 et AOP depuis 2008, est sen­sible aux aléas climatiques. « Nous devons rester mobilisés pour ne pas perdre les acquis de plus de vingt ans de travail, explique Philippe Boyer. Notre objectif est d’atteindre entre 4 000 et 5 000 ha de production et obtenir un soutien financier de l’État pour conduire nos recherches expérimentales en agriculture raisonnée. »

Un marché porteur

Pour Stéphane Boyer, responsable du site lentilles d’Eurea Coop à Brives-Charensac, « il est dommage de manquer de produit alors que le marché se développe en France et à l’étranger. La lentille du Puy, dont l’amande est fine et la cuisson rapide, répond aux attentes des consommateurs. » La coopérative exporte 15 % de son produit en Angleterre et en Asie.

Étienne et Jacky Liautaud, éleveurs laitiers à Cayres sur 120 ha, dont 60 ha labourables, comptent bien continuer à produire 10 ha de lentilles AOP : « Cette légumineuse est précieuse en tête de rotation dans nos assolements. À 1 200 mètres d’altitude, nous sauvons des rendements corrects avec des semis plus tardifs, des terrains filtrants et une moindre chaleur estivale» , décrivent-ils.

« Cette culture assure un revenu non négligeable et il est important de garder cette filière traditionnelle active », ajoutent-ils. Le produit brut par hectare est en moyenne de 1 200 à 1 300 € depuis vingt ans, une augmentation du prix compensant une diminution du rendement moyen de 10 à 7,5 q/ha entre 2010 et 2020.

Monique Roque-Marmeys