« Avant je mettais mon méteil devant un maïs d’ensilage mais maintenant, avec les sécheresses que l’on a, c’est trop risqué » explique Benoît Rigolle, agriculteur à Hallencourt dans la Somme. « Je l’implante maintenant en sursemis dans une luzerne et mon maïs est cultivé en solo dans une autre parcelle ».

Cette association a de nombreux avantages. Selon l’agriculteur, le méteil, par son pouvoir étouffant, garde la luzerne propre pendant sa dormance alors que c’est une période pendant laquelle elle a tendance à se salir. Cette stratégie permet aussi d’augmenter la productivité des parcelles en surface fourragère. Alors que la première coupe de luzerne faisait 4 tonnes de matière sèches, l’association méteil-luzerne produit maintenant 8 tonnes dès le mois de mai. Puis deux coupes de 4 tonnes de luzerne s’enchaînent sur cette parcelle.

Pomper l’azote excédentaire

Selon Benoît Rigolle, une luzerne pure « crève dans son azote ». Pour lui, l’azote que la légumineuse rejette dans son milieu lui est défavorable. Le méteil permet donc de prélever cet azote excédentaire. Cela permet une diminution de la fertilisation des méteils implantée en deuxième année de luzerne. « Depuis que je fais ça, les deuxième et troisième coupes sont meilleures ».

Des possibilités nouvelles

De son côté, Adrien Perrier, agriculteur à Ognes dans la Marne réalise la même association mais avec du seigle. Cette graminée est particulièrement appréciée des méthaniseurs. Il l’implante après la dernière coupe de luzerne.

Pour lui, cette association permet de retrouver une rentabilité supérieure à la seule luzerne déshydratée, culture dont la marge brute est fragile. « On passe d’une luzerne qui produit entre 12 à 15 tonnes de matière sèche par an à une association de seigle et de luzerne qui produit entre 15 et 20 tonnes par an. Si on valorise les cinq tonnes supplémentaires à 75 euros/tonnes, cela fait 375 tonnes de produit brut en plus », estime Adrien Perrier qui compte par ailleurs 100 euros par hectare de semis.

D’un point de vue économique, ces associations ne sont cependant possibles qu’en présence d’un méthaniseur, d’un élevage ou d’une coopérative de luzerne déshydratée.

Renaud d’Hardivilliers