« On manque de poire ! » lance un des frères Mouneyrac, grossiste à Rungis. Le constat est sans appel : en vingt ans, les surfaces de vergers ont été divisées par plus de deux, en France, passant de 15 000 ha en 1992 à 6 000 ha en 2013. La production s’est effondrée laissant une large place à l’importation. Sur les 219 000 t nécessaires au marché, seulement 130 000 t sont produites en France. Une poire sur deux est importée !

Pourtant, après plus d’une dizaine d’années de déclin, Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, note une augmentation de 1 % des superficies en 2015. L’ANPP profite de ce frémissement pour lancer un plan de relance de la poire, qui a toujours vécu dans l’ombre de sa grande sœur, la pomme.

100 ha de nouvelles plantations d’ici à 3 ou 4 ans

L’objectif est clair : donner envie aux producteurs de pommes de replanter des poiriers. L’ANPP qui réunit 1 500 arboriculteurs vise 100 ha de nouvelles plantations d’ici à 3 ou 4 ans, soit 5 000 t de poires.

« Après dix ans laborieux, les perspectives sont positives, assure Daniel Sauvaitre, le président de l’ANPP. L’état sanitaire des vergers est correct, la rentabilité augmente depuis deux trois ans, de nouvelles variétés vont arriver sur le marché et la poire jouit d’une belle image dans les ménages. »

Il reste que, si les débouchés sont bien présents, la filière est à reconstruire. Les stations fruitières, affectées à la pomme, doivent investir dans des outils spécifiques, et la commercialisation doit mieux maîtriser l’affinage des fruits.

Aude Richard