Comme annoncé en juillet dernier, l’épisode historique de gel en avril a largement abîmé la production française de poires de table. Dans sa note d’infos rapides du 17 novembre 2021, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, Agreste, confirme que la production 2021 sera amputée de moitié par rapport à une année standard, stimulant ainsi les prix.

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Une demi-récolte de poires de table attendue

Au 1er novembre 2021, alors que la récolte se termine, la production de poires de table est prévue à près de 67 000 tonnes, soit une demi-récolte par rapport à la production moyenne 2016-2020. Il s’agirait de la production la plus faible depuis au moins 46 ans, et du rendement le plus faible depuis 1977.

La production diminuerait dans toutes les régions, sous l’effet du gel printanier et des températures estivales relativement peu élevées qui n’ont pas favorisé les calibres. Les variétés d’été ont été les plus affectées.

Le gel printanier a amputé la récolte de la poire française en 2021. © Agreste

En Paca, malgré un potentiel initial prometteur avec une belle floraison, les gelées d’avril ont fortement touché les poires d’été, à un stade de floraison avancé. Les chutes physiologiques et les intempéries du printemps ont accentué la situation. Environ un tiers d’une récolte moyenne est estimé.

Dans la vallée du Rhône, la récolte se termine avec comice et passe crassane dans un climat favorable, avec une semaine de retard par rapport à 2020. Une demi-récolte est confirmée. Les variétés d’été ont été les plus touchées par le gel.

Dans le Languedoc et le Roussillon, le gel a occasionné des pertes importantes.

Dans la Région Centre-Val de Loire, le gel d’avril est responsable d’une perte de 70 % de la récolte. Les calibres sont réduits.

Dans les Pays de la Loire, la récolte se termine en poires d’automne. Le gel a été moins prononcé que dans les autres régions et est intervenu à un stade moins avancé de la floraison. Mais les brusques variations de température ont perturbé la floraison et entraîné des chutes physiologiques de fruits. La production atteindrait un niveau bas, après la forte récolte de 2020.

Dans toutes les régions, les surfaces en production seraient quasi stables par rapport à 2020, sauf dans les Pays de Loire et en Occitanie, où elles seraient en hausse.

Des cours élevés dans un marché fluide

En octobre 2021, les cours se maintiennent à un niveau élevé : +50 % par rapport à 2020 et à la moyenne quinquennale. Les disponibilités limitées conjuguées à une demande soutenue contribuent à cette hausse. Les importations espagnoles et portugaises permettent de satisfaire l’ensemble de la demande.

La campagne de commercialisation des poires d’automne débute à la fin de septembre, en retard par rapport aux années passées. Les opérateurs de l’aval de la filière importent des poires pour satisfaire la demande intérieure.

Les cours de la poire française grimpent en 2021 en raison d’une très faible récolte. © Agreste — Insee

Prognosfruit prévoit une récolte européenne en 2021 en chute de 28 % sur un an et par rapport à la moyenne. Un tiers de récolte seulement est prévu en Italie, premier pays producteur d’Europe. La Belgique enregistre une perte d’un quart de sa production.

Sur la campagne de 2020-2021, le chiffre d’affaires généré par les poires progresse pour la sixième année consécutive (+15 %). La forte hausse de la production (+20 %) l’an dernier compense la légère baisse des prix sur un an. Ces derniers maintiennent néanmoins au-dessus de la moyenne quinquennale.

En 2020, la consommation progresse sur un an. L’augmentation des stocks a eu des effets limités sur un marché structurellement déficitaire en poires françaises par rapport à la demande.

Oriane Dieulot