Considérée comme prioritaire, la filière semencière a été « relativement préservée » par les effets du confinement, indique Claude Tabel, président de l’Union française des semenciers (UFS), le 8 juillet 2020. « À l’exception du secteur du jardin — semences potagères, florales ou gazon — qui a souffert de la fermeture des jardineries au début du confinement. Nous nous sommes battus pour que le gouvernement accepte de les rouvrir », ajoute-il. Selon une enquête de l’UFS, le cumul des pertes dépasse les 9 M€ sur ce secteur.

Des essais variétaux annulés

« La réouverture des jardineries a permis de rattraper une partie des difficultés, constate Rachel Blumel, directrice générale de l’UFS. Le recours à la vente par internet a également apporté des solutions. » Il faudra attendre l’automne pour connaître la pleine mesure des conséquences de la crise sur l’ensemble des entreprises. Celles qui exportent se sont par ailleurs heurtées à la fermeture de frontières, empêchant certaines livraisons, à la pénurie de containers ou à un fret aérien ralenti. « Le secteur des oléagineux, qui exporte en Russie, a aussi été confronté à des difficultés administratives supplémentaires », complète-t-elle.

La crise a généré de nombreux surcoûts, « liés à la protection de leur salarié, jusqu’à 200 000 € pour certaines entreprises, aux remplacements des arrêts de travail ou à l’approvisionnement et la logistique, le transport routier étant sous tension » poursuit Rachel Blumel. À plus long terme, l’UFS craint des répercussions sur la promotion de l’innovation, des essais variétaux n’ayant pu être mis en place.

S’appuyer sur les outils de sélection

L’occasion pour le syndicat de rappeler l’importance du crédit d’impôt recherche. « À plus court terme, nous avons identifié plusieurs leviers de soutien aux entreprises : la baisse voire l’annulation des charges salariales, une aide pour l’achat de matériel de protection, le recrutement des saisonniers, ainsi qu’une aide au secteur du jardin, le plus touché, pour la relance », affirme Rachel Blumel.

Et Claude Tabel de souligner l’importance de l’innovation et des nouvelles technologies. Selon lui, les solutions génétiques restent essentielles pour inventer les systèmes agricoles de demain, « dans la volonté de limiter les intrants et les produits phytos ».

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J. Papin