« En 2015, deux fournisseurs de matériel apicole, au moins, ont fourni de la cire gaufrée falsifiée qui a causé la mort de nombreuses abeilles, rappelle Cyril Way, apiculteur et référent sur le dossier à la Fnab. Certains apiculteurs ont porté plainte au vu des résultats d’analyse de la cire. Il ressort que cette dernière n’était pas complètement naturelle, mais contenait des graisses industrielles telles que la stéarine et de la paraffine. »

Des effondrements de cadres

Ces produits « ont provoqué des effondrements de cadres et donc tués des abeilles et affaibli le restant des colonies concernées, poursuit-il. Au moins un insecticide employé contre le varroa, le taufluvalinate, a aussi été retrouvé à l’état de traces dans un des cas. Les ciriers français ont acheté de la cire auprès de fournisseurs étrangers (Espagne, Belgique…) et l’ont commercialisé sans en analyser la qualité au préalable. »

Même si ces cas ne concernent pas forcément directement la Fnab, cette dernière soutient la démarche des plaignants pour exiger une meilleure traçabilité de la cire d’abeille mise sur le marché, la mise en œuvre de contrôles plus nombreux et l’amélioration des bonnes pratiques des apiculteurs et des ciriers.

Importations et risques de fraudes

La Fnab rappelle que l’enquête administrative portant sur la filière française de transformation de cire des abeilles à usage apicole conduite par la Brigade nationale d’enquête vétérinaire et phytosanitaire (BNEVP) entre 2016 et 2017 a montré de nombreuses pratiques frauduleuses. Et de citer : des pratiques commerciales trompeuses, la falsification de produits agricoles ou encore la tromperie sur la nature et les qualités substantielles.

« Les apiculteurs recyclent les cires d’opercule, une ressource de grande qualité, lors de la récolte de miel en les transformant en cire gaufrée afin de faciliter la conduite des colonies. Or, la production de cire est directement liée à la production de miel, celle-ci étant en régression la disponibilité en cire est plus contrainte, obligeant le recours aux importations, augmentant ainsi l’exposition au risque de fraudes », estime la Fnab dans son communiqué.

« Nous soutenons l’amélioration des pratiques des apiculteurs et de la filière cire d’abeille à travers la diffusion d’un guide sur la qualité toxicologique de la cire d’abeille et le déploiement en cours d’un contrat type pour le gaufrage à façon », conclut-elle.

C. Fricotté