« Nous sommes assez fiers de voir [que l’amélioration des plantes] représente 21 % des fiches du contrat de solutions » et 23 % des certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP) obtenus, expliquaient Claude Tabel, le président, et Rachel Blumel, la directrice générale de l’Union française des semenciers (UFS) lors d’une conférence de presse le 4 novembre 2020.

À lire aussi : Phytos, Le dispositif des CEPP reprend des couleurs (23/10/2020)

Du côté de la production, nombreux sont les secteurs qui progressent, à commencer par celui de l’agriculture biologique : les surfaces de multiplication ont grimpé de 95 % en 5 ans. Même tendance pour les protéagineux et le sorgho, dans une moindre mesure, avec respectivement +31 % et +57 % de surface de multiplication, probablement expliqué par « la perspective du plan protéines » et par les épisodes de sécheresse, commente l’UFS. Les légumineuses pour mélanges prairiaux ont elles aussi un succès croissant, bien que plus modéré (+4 %), illustrant à nouveau le besoin « d’autonomie de source en protéines », ajoute Claude Tabel.

Des solutions concrètes déployées sur le terrain

Pour Rachel Blumel, les 86 fiches proposées dans les contrats de solution ont des applications concrètes sur le terrain, notamment en lien avec l’amélioration des plantes. « Sur le blé par exemple, 116 des 181 variétés disponibles sont résistantes aux maladies […], 51 sont résistantes à la cécydomie orange », argumentait la directrice.

À lire aussi : Produits phytosanitaires, le contrat de solutions s’enrichit de nouvelles fiches (04/08/2020)

Il en est de même pour les CEPP. La sélection variétale apparaît comme le deuxième levier d’obtention de certificat, après les méthodes de lutte alternative. « 23 % des certificats [sont obtenus par ces solutions], alors qu’elles ne représentent en volume que 9 % des actions standardisées disponibles », relevait l’UFS.

23 % des CEPP sont obtenus grâce à l’utilisation de variétés résistantes ou tolérantes aux maladies. © UFS

Après une saison déstabilisée par les nombreuses contaminations du virus de la jaunisse, la betterave sucrière ne pouvait pas passer à la trappe lors de cette conférence. L’UFS a parlé d’une « intensification des travaux pour ce virus », avec pour objectif des variétés tolérantes « d’ici à 4 ou 5 ans ».

À lire aussi : Recherche, des variétés de betteraves plus performantes d’ici à 2025 (23/09/2020)

Encore un flou sur les nouvelles techniques de sélection

Selon une étude réalisée par l’association européenne Euroseeds, les entreprises ayant recours aux nouvelles techniques de sélection identifient trois obstacles majeurs à leur déploiement en Europe : Les coûts et les délais d’homologation des variétés si elles sont assimilées aux OGM, l’imprévisibilité de la réglementation et l’acceptation sociétale.

« La mise à disposition de nouvelles variétés pour les utilisateurs relève d’un processus long, qui pourrait être raccourci grâce à ces nouvelles méthodes, et qui nécessite une certaine visibilité et une homogénéité réglementaire. […] Compte tenu de la situation actuelle en Europe, les programmes de recherche sont souvent reportés ou testés en dehors de l’Union européenne, déplore Claude Tabel. « C’est dommage, étant donné les possibilités que ces nouvelles méthodes d’amélioration peuvent apporter. »

À lire aussi : Biotechnologies, les semenciers réclament de nouvelles techniques génétiques (28/10/2020)

Raphaëlle Borget