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Les maraîchers privés de saisonniers étrangers

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Main-d’œuvre - Les maraîchers privés de saisonniers étrangers
Pierre Maurer, maraîcher à Dorlisheim, laissera 25 de ses 50 ha d’asperges au champ (photo datant de 2017). © H. Roy

La préfecture du Bas-Rhin a refusé à plusieurs maraîchers de faire atterrir en Alsace un vol charter de 120 saisonniers roumains à cause de l’épidémie de coronavirus.

Pierre Maurer est sur les dents. Il a 100 000 plants de tomates à mettre à fil et autant à planter. Mais avec quel personnel ? D’habitude, il embauche durant six mois une centaine de saisonniers en plus des 70 permanents actifs sur les quatre sites de son entreprise à Dorlisheim (Bas-Rhin).

La préfecture refuse

Son intention d’affréter un vol au départ de la Roumanie avec 120 saisonniers prêts à intervenir chez cinq maraîchers alsaciens a tourné court à cause du Covid-19. « Tout était organisé : 120 personnes dans un avion de 190 sièges, le transport sur place, un hébergement séparé… Mais la préfecture a invoqué le « risque » que présentait leur venue », se désole l’agriculteur.

Deux cents candidats s’étaient bien présentés au début du confinement pour travailler dans les serres et les champs. Cent vingt ont été retenus, 65 déclarés. La plupart étaient en chômage partiel, désireux de compléter leur revenu. « Ils ne sont pas sûrs de rester après le 11 mai. Ils récoltent en moyenne 5 kg d’asperges à l’heure contre 15 kg pour un habitué. Chacun coûte 75 € en frais administratifs. Beaucoup s’arrêtent quand ils en ont assez. Dix-huit sont restés. Le 28 avril, huit ne sont pas venus car ils craignaient la pluie annoncée », poursuit le maraîcher.

La moitié des asperges laissées au champ

De plus, Pierre Maurer laissera 25 de ses 50 ha d’asperges au champ. Une perte de 30 000 €/ha de produit brut. Si rien ne bouge, il jettera les tomates qui restent à planter. « Le manque d’offre fait déjà monter les prix. C’est au détriment du porte-monnaie du consommateur », prévient-il.

Henri Roy

Des marchés sous conditions sanitaires strictes

Deux marchés privés de producteurs organisés six semaines durant par un poissonnier à Bischoffsheim et un volailler à Bœrsch, respectant les règles sanitaires et de distanciation, ont été fermés le 17 avril car les maires de ces communes du Bas-Rhin n’avaient pas déposé de demande de dérogation. Le premier doit rouvrir ce 30 avril, la formalité ayant été accomplie. « La doctrine départementale s’applique avec discernement et pragmatisme », argumente la préfecture, qui se concerte avec l’association des maires pour rédiger un protocole de réouverture des marchés, sous conditions sanitaires strictes après le 11 mai.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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