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Une nouvelle usine pour le teillage du lin en France

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Filière - Une nouvelle usine pour le teillage du lin en France
Charles Decock (à gauche), codirecteur du site de Quaëdypre (Nord), et Ludovic Pointeau, agriculteur, dans une parcelle de lin textile devant la nouvelle usine de teillage de Laon. © Blandine Cailliez

Le lin français - Jean Decock vient d’inaugurer une nouvelle usine de teillage du lin à Laon dans l’Aisne. Il double ainsi ses capacité de production. Cette usine pourra traiter la production de 3000 hectares de lin.

«La demande mondiale en lin textile augmente, c’est pourquoi nous avons décidé de doubler nos capacités de production en construisant une usine de teillage à Laon, explique Charles Decock, le codirecteur de l’usine Le lin français - Jean Decock de Quaëdypre (Nord). Nous avons investi dans l’Aisne car nous travaillions de longue date avec des agriculteurs du Laonnois et du Soissonnais. »

Un investissement de 15 millions d’euros

L’entreprise familiale a investi 15 millions d’euros dans cette nouvelle unité de teillage du lin, qui fonctionne avec 24 salariés et accueille deux lignes de production de plus de 100 mètres chacune, les plus longues au monde.

Le teilleur produit déjà 1 200 hectares de lin sous contrat avec des agriculteurs de l’Aisne. Ces surfaces vont s’accroître car l’usine devrait traiter la production d’environ 3 000 ha, dont une partie proviendra de Normandie.

Trois usines en France

Une fois teillées, les fibres longues sont expédiées dans des fi­latures, surtout en Chine, Inde, Portugal ou Pologne, sachant que dans l’Hexagone trois filatures résistent ou tentent de se relancer. Le reste est aussi valorisé : fibres courtes, pailles (que l’on appelle anas) et graines.

« Le lin est une belle culture et c’est une chance qu’un industriel vienne s’implanter à côté de chez nous », reconnaît Ludovic Pointeau, agriculteur à Barenton-Bugny, au pied de l’usine. Il en cultive depuis quinze ans, pour Le lin français - Jean Decock, avec 20 ha cette année.

Production sous contrat

Pour Ludovic Pointeau, le lin est aussi une culture plus spéculative que le blé ou le colza, par exemple, avec un rendement qui oscille entre 5 et 8 t/ha selon les années et une teneur en fibres entre 15 et 24 %.

« Mon objectif est d’obtenir un rendement de 7 t/ha avec 20 % de fibre, soit 1,4 t/ha de fibre, pour dégager un bon revenu, indique-t-il. C’est parfois moins, parfois plus. Les prix répondent à des cycles longs. Si les cours étaient descendus à 1,5 €/kg de fibre au début des années 2010, ils sont plus favorables aujourd’hui, autour de 2,5 €/kg. »

L’industriel table sur une production comprise entre 1 et 1,5 tonne par hectare/ha de fibre. Il s’engage à suivre de près chaque producteur et assure l’arrachage du lin, le rouissage et la récolte.

« Nous passons beaucoup de temps dans les champs, précise Charles Decock. La proximité avec les agriculteurs, c’est notre marque de fabrique. » L’exploitant doit disposer d’un hangar pour stocker la récolte, qui va être teillée tout au long de l’année.

Blandine Cailliez

Une culture délicate

Tous les types de sol ne conviennent pas à la culture du lin textile, semé au 15 mars et arraché au 15 juillet. Il faut un sol de limon ou limono-argileux, profond, de la pluie en mai-juin et des températures sans excès, car le lin ne supporte pas les arrêts de végétation. Altises, oïdium, risque de verse sont aussi à surveiller.

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