« Diversifier les cultures booste la production, la biodiversité et les services écosystémiques », assure le Cirad (1) dans un article publié le 19 juillet 2021. L’organisme y présente les principaux résultats d’une étude publiée dans la revue Global Change Biology le 11 juin 2021. Réalisée par une équipe franco-néerlandaise, ce travail de synthèse compile « 95 méta-analyses, 5 156 études et 54 554 expérimentations réparties sur 85 ans, plus de 120 types de cultures et 85 pays ».

Tableau récapitulatif

Les scientifiques détaillent les effets de cinq grandes pratiques de diversification des systèmes de culture :

  • agroforesterie,
  • culture de couverture (couverture végétale),
  • rotation des cultures,
  • cultures associées,
  • et mélanges variétaux.

Les principaux résultats sont présentés dans le tableau ci-contre.

Impacts des stratégies de diversification des systèmes de culture, d’après Beillouin et al. 2021. Légende : hausse significative (+), pas d’impact (cercle vide), impacts négatifs (-), manque de données (?). © Cirad

« En réalisant une analyse statistique de l’ensemble des données expérimentales disponibles, les chercheurs montrent que ces stratégies de diversification conduisent une hausse médiane de 24 % de la biodiversité associée – soit la biodiversité non cultivée qui évolue au sein d’un agroécosystème, indique le Cirad. La hausse concerne également la production agricole (+ 14 %), mais également la fourniture de plusieurs services écosystémiques comme la régulation de la qualité de l’eau (+ 51 %) et du sol (+ 11 %), ou le contrôle des ravageurs et des maladies (+ 63 %) ».

Des pratiques favorables au climat

« L’agroforesterie est particulièrement efficace pour fournir de multiples services écosystémiques », précisent les auteurs de l’étude.

« Les stratégies agroforestières sont aussi celles qui participent le plus au stockage de carbone dans les sols, et donc à l’atténuation du changement climatique », souligne Damien Beillouin, premier auteur de la publication cité dans le communiqué du Cirad. « La teneur en carbone du sol est de 19 % supérieure en moyenne dans les systèmes en agroforesterie par rapport aux parcelles en conditions similaires, mais sans arbres. Les cultures associées et les systèmes sous couverture végétale ne sont cependant pas en reste, avec une hausse de 13 %. »

Pour aller plus loin, une base de données (en anglais) disponible gratuitement sur le site en ligne de Crop diversification rassemble les différents résultats chiffrés.

Hélène Parisot

(1) Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement