Qu’implique ce nouveau règlement ?

La nouvelle loi définit des normes minimales de qualité pour l’eau recyclée destinée à l’irrigation agricole (1). Elle prévoit également des obligations pour les opérateurs de production, de distribution et de stockage, ainsi que des mesures de gestion des risques.

L’eau récupérée, c’est-à-dire les eaux usées urbaines qui ont été traitées dans une usine de recyclage, sera utilisée pour irriguer les cultures vivrières, les cultures alimentaires transformées et les cultures non vivrières. La Commission européenne devra évaluer dans un délai de cinq ans si l’eau recyclée peut servir à d’autres usages.

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Quel est l’enjeu pour l’Europe ?

Ce texte vise à atténuer les pénuries d’eau dans l’Union européenne. L’Europe n’est pas un continent aride, mais près de 18 % du territoire européen a été touché par un manque d’eau l’été passé. Les périodes où la demande en eau dépasse les ressources disponibles sont de plus en plus fréquentes.

Outre les pollutions et le réchauffement climatique, il y a aussi un gros problème de gaspillage. On estime à environ un tiers le volume d’eau disponible gaspillé en Europe. Si rien n’est fait, la consommation d’eau par les citoyens, mais aussi par les secteurs industriel et agricole, devrait augmenter de 16 % d’ici à 2030. Cette situation n’est pas tenable. Il est indispensable de permettre de réutiliser les eaux usées recyclées pour l’irrigation agricole, tout en garantissant sa qualité sanitaire.

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Y a-t-il un risque de contamination au coronavirus ?

Il n’y a pas de risque de contamination via l’eau du robinet, les lieux de pompage sont scrupuleusement surveillés et l’eau qui en sort subit de multiples traitements avant d’arriver chez vous. Des chercheurs ont cependant trouvé des traces de coronavirus dans les eaux usées, qui proviennent de selles de malades. Des tests sont menés, mais à l’heure actuelle, chaque pays fait comme il l’entend. Il s’agit même parfois d’une compétence régionale comme en Belgique.

On étudie la possibilité de transformer nos égouts en sentinelle sanitaire, comme Israël l’a fait pour la polio. Certains scientifiques appellent d’ailleurs l’Organisation mondiale de la santé à envisager un réseau de surveillance des eaux usées qui pourrait servir à suivre l’évolution du Covid-19, mais aussi d’autres maladies, en particulier dans les pays qui ne disposent pas des moyens de tester la population à grande échelle.

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Propos recueillis par Justine Papin

(1) Le règlement 2020/741 du Parlement européen et du Conseil relatif aux exigences minimales applicables à la réutilisation de l’eau a été publié le 25 mai 2020 au Journal officiel de l’Union européenne.