En ce jeudi 5 décembre, journée internationale des sols, l’ONG Earthworm Foundation (anciennement connue sous le nom The Forest Trust) fait connaître l’avancement de ses actions.

L’organisation a lancé il y a 2 ans l’initiative « sols vivants » qui a pour but de favoriser l’agriculture de conservation des sols.

Mesurer le stockage du carbone pour le rémunérer

Le projet est principalement motivé par l’objectif de rémunérer les agriculteurs pour le stockage additionnel de carbone dans leurs sols via des pratiques vertueuses pour les sols et pour l’environnement (non-travail du sol, couverture permanente des sols, diversification des cultures). « Moins travailler le sol permet de ne pas déstocker du carbone et le couvrir le plus possible avec de la végétation favorise son stockage » précise Bastien Sachet, CEO de la fondation.

En partenariat avec Airbus et l’Inra ainsi que l’Hepia à Genève, le syndicat Jeunes Agriculteurs et différentes entreprises pionnières, la fondation Earthworm travaille au développement d’une méthodologie permettant de quantifier le carbone stocké dans les sols par les agriculteurs et en parallèle au développement des modèles économiques associés. L’objectif : inciter les agriculteurs à aller vers des pratiques vertueuses et les rémunérer pour la quantité de carbone stockée dans leurs sols explique Gaëtan Jestin, coordinateur du projet « sols vivants ».

Afin d’estimer cette quantité, les producteurs auraient à renseigner leurs pratiques agronomiques sur une plateforme en ligne : rotation, travail du sol, rendement, restitution des résidus, cultures intermédiaires et dérobées, données du sol, etc. Les données transmises par l’agriculteur devront ensuite être vérifiées, à l’aide d’un outil d’imagerie satellite. Une fois cette étape de vérification passée, les informations pourront être analysées afin de « modéliser et prédire la quantité de carbone stockée dans les sols ».

Un objectif de 110 000 hectares de « Sols vivants »

La fondation se donne un triple objectif à l’horizon 2021 : amener 10 entreprises à adopter le critère « sols vivants » dans leur cahier des charges, stocker 30 000 tonnes de carbone dans les sols chaque année, soit environ 110 000 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère et atteindre 110 000 hectares de sol vivant.

> Voir aussi : Une place particulière accordée à l’agriculture de conservation (19/11/2019)

Renaud d’Hardivilliers