L’Apad (Association pour la promotion d’une agriculture durable) s’est réjoui dans un communiqué de presse le 30 juillet 2020 du récent positionnement de l’Inrae sur l’agriculture de conservation des sols (ACS).

Auditionné le 23 juillet 2020 par la mission parlementaire sur le glyphosate, l’institut de recherche a reconnu « les services écosystémiques portés par l’ACS en considérant que ce système agricole était un “modèle intéressant, bon pour le sol, le stockage de carbone” », rapporte l’Apad.

Agriculteurs en ACS sans solutions

« Le travail réalisé par l’Inrae depuis 2017 a documenté les impasses agronomiques et économiques liées à l’arrêt du glyphosate pour les agriculteurs pratiquant l’ACS, se félicite l’association. L’Inrae a donc répondu clairement à la question de la mission parlementaire et montre que supprimer le glyphosate laisserait les agriculteurs en ACS sans solution. »

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Adaptation d’usage

Concernant une dérogation système spécifique à l’ACS, évoquée notamment par le ministre de l’Agriculture en février 2020, l’Apad précise qu’elle n’y est pas favorable car cela nécessiterait « de créer un cahier des charges fermé spécifique à l’ACS, peu compatible avec les enjeux de son développement en France et le choix de certains agriculteurs d’adopter progressivement l’ACS ». L’association soutient plutôt « une adaptation d’usage, qui devrait permettre de répondre aux besoins techniques des agriculteurs qui s’engagent en ACS ».

Une position avancée dans un rapport de l’Apad publié le 29 juillet 2020, intitulé « Utilisation du glyphosate en agriculture de conservation des sols : état des lieux en 2020 et perspectives ».

Doses maximales

Dans ce rapport, l’association fait ainsi plusieurs recommandations quant à une autorisation d’usage du glyphosate adaptée à la pratique actuelle et aux enjeux du développement de l’ACS. Cette autorisation porterait sur le « désherbage après récolte et avant mise en culture en zones cultivées, uniquement en l’absence de tout travail du sol au moment du semis (semis direct uniquement) ». Avec une dose maximale par passage sur graminées et dicotylédones annuelles de 3 l/ha au maximum (1 080 g/ha), sur vivaces de 4 l/ha au maximum (1 440 g/ha) et pour un traitement en tâches pour certaines vivaces de 6 l/ha au maximum (2 160 g/ha).

« Ces conditions et doses d’utilisation permettraient, selon nous, de prendre en compte la diversité des fermes (contextes pédoclimatiques et agronomiques différents) et la diversité

des cultures et modes de production ; les risques d’enherbement liés spécifiquement à la phase de transition ; la difficulté de maîtrise technique des couverts végétaux, particulièrement en conditions sèches et la maturité technique des agriculteurs », écrit l’Apad.

Leviers agronomiques

L’Apad rappelle enfin qu’elle s’est engagée « depuis 2018 dans une recherche proactive de solutions agronomiques, avec l’appui de l’Inrae. Le projet SOLutionsACS (soutenu par le ministère de l’Agriculture, celui de la Transition écologique et l’Office français de la biodiversité), plateformes de démonstration déployées dans six territoires, nous permet d’identifier et tester des leviers agronomiques en conditions réelles d’agriculteurs, dans différentes conditions pédoclimatiques, pour diminuer, voire supprimer, l’usage du glyphosate en ACS. »

I. E.