Durant les cinq jours de la rencontre, une cinquantaine d’agriculteurs et de chercheurs ont partagé leur retour d’expérience sur l’agriculture de conservation. Du semis direct à l’agroforesterie, en passant par le maraîchage sur sol vivant, les plantes bio-indicatrices, ou encore, le reverdissement du désert au Bénin, l’agroécologie a été traitée sous tous ses d’angles.

Le colza associé vu par Greenotec

Parmi les intervenants, l’association Greenotec a partagé son recul sur la culture du colza associé. Outre la fourniture d’azote, la féverole et les autres plantes compagnes éloignent les altises et permettent de se passer régulièrement d’insecticide à l’automne. Pour ce qui est des attaques de méligèthes au printemps, Simon Dierickx, conseiller technique de l’association, préconise de mélanger les semences de colza avec un petit pourcentage de colza plus précoce qui serviront de plantes « martyres ».

Face au problème du triage des différentes espèces dans la trémie du semoir, il rappelle qu’au-delà de trois espèces différentes, il n’y a pas de risque de démélange car les graines se stabilisent mutuellement, surtout si elles sont de tailles différentes. Les statistiques de l’ensemble des essais menés depuis 5 ans révèlent que les plantes compagnes stabilisent le rendement du colza d’une année sur l’autre et l’augmentent légèrement. Pour Greenotec, cette pratique est incontournable.

Les pommes de terre sur sol vivant

Nicolas Hallégouët, producteur de pomme de terre dans le Finistère, a présenté sa vision de l’agriculture de conservation dans un système où la terre est nécessairement travaillée (tamisage récolte). « La clé, c’est le carbone » nous a-t-il expliqué. « C’est ce qui fait fonctionner le sol ».

Pendant 3 ans, ce producteur fait croître la vie de son sol et son taux de matière organique pour que la quatrième année, après la récolte des pommes de terre, celle-ci reprenne tous ses droits rapidement.

« Il faut être dans une stratégie d’acceptation en pomme de terre », affirme-t-il. Avec cette culture, l’agriculteur avoue perdre une tonne de vers de terre à l’ha sur les 2,5 tonnes que ces champs contiennent. « Mais dès que l’on a du carbone, le sol devient résilient et les vers de terre recolonisent vite tout le profil ». Le producteur de grande culture et de légumes affirme être un éleveur de vers de terre et de micro-organisme avant tout. Car pour lui, ce sont eux qui vont nourrir la plante.

Parler d’agronomie

Selon Luis Barraud, responsable la communication du mouvement « Pour une Agriculture du Vivant » et co-organisateur de l’événement, les objectifs de ce colloque sont de réconcilier l’agriculture et tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire, de sensibiliser le monde agricole à l’agroécologie et de présenter des pionniers de l’agriculture du vivant.

Pour François Muler, président de vers de terre production, « il est surtout temps de reparler d’agronomie à l’heure ou on ne parle que d’agriculture ».

R.H.

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