« En 10 ans, le nombre d’exploitations agricoles produisant en agriculture biologique a été multiplié par 3, a estimé Philippe Mauguin, le 25 février 2019 lors d’une conférence organisée dans le cadre du Salon international de l’agriculture. Nous assistons à un réel changement d’échelle de cette forme d’agriculture. » Cette évolution n’est pas sans poser des questions à l’ensemble de la filière. L’Inra et ses partenaires, parmi lesquels l’Itab, l’agence bio et la Fnab ont souhaité éclairer quelques enjeux et risques liés à la croissance de l’agriculture biologique.

La fourniture d’azote

Le développement de la bio risque de poser entre autres des problèmes liés au besoin en azote des cultures. Thomas Nesme de Bordeaux Sciences Agro a livré les conclusions de ses travaux sur le bouclage du cycle de l’azote. Pour favoriser une agriculture biologique productive, il invite à s’appuyer sur l’élevage, mais surtout à le relocaliser dans les régions de production végétale. Il rappelle que deux tiers des exploitations biologiques sont sans élevage.

L’utilisation des surfaces

Autre question traitée, celle de la plus faible productivité de l’agriculture biologique et du plus grand besoin de terre pour une même production. Un article paru dans la revue Nature cherchait à montrer que l’agriculture biologique allait augmenter la concentration de dioxyde de carbone dans l’air.

Marc Benoît, chercheur à l’Inra a exploré deux pistes pour limiter cet inconvénient de l’agriculture biologique : adapter notre régime alimentaire et augmenter la productivité des systèmes agricoles. S’il montrait qu’une diminution de la consommation de viande était une réponse aux attaques contre l’agriculture biologique, il rappelait aussi que l’élevage était nécessaire pour la fertilisation des cultures.

Selon une étude réalisée au pays bas, il semblerait que la part de la SAU consacrée à l’élevage qui maximiserait la production serait de 12 %. Le chercheur a aussi insisté sur la nécessité de travailler à augmenter la productivité des systèmes biologiques.

R.H.