« Avec 18 000 ha pour la récolte 2020 et une augmentation de plus de 30 % de la production de semences bio par an depuis deux ans, la France et l’interprofession des semences et plants sont moteurs dans le développement de l’agriculture biologique », informe dans un communiqué de presse datant du 23 septembre 2020 le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants).

Autres chiffres révélateurs pour 2020 : 130 entreprises productrices (+20 % en 5 ans) ; 110 espèces produites (+50 %) ; 470 variétés produites hors potagères (+75 %) ; 1 200 agriculteurs multiplicateurs (+135 %) ; et finalement ces 18 000 hectares de multiplication de semences et plants, qui représentent une hausse de 150 % en cinq ans.

Le Gnis précise d’ailleurs que ces chiffres sont le reflet de l’engagement que s’était fixé l’interprofession lors de l’élaboration du plan de filière pour les semences et plants issu des États Généraux de l’alimentation en 2017.

Enjeu crucial

« La disponibilité et l’accessibilité des semences et variétés pour l’agriculture bio est un enjeu crucial, complète le Gnis. Cela concerne avant tout les volumes de semences à produire par espèce, mais aussi de plus en plus les variétés, leurs aptitudes à être utilisées en agriculture biologique, ainsi qu’à répondre à des marchés de plus en plus diversifiés. »

L’interprofession rappelle à ce sujet que le site www.semences-biologiques.org permet aux fournisseurs de semences et plants bio de faire connaître les disponibilités variétales pour chaque espèce, et, en même temps, aux producteurs de s’informer sur les disponibilités en semences biologiques et de procéder à des demandes de dérogations en cas d’indisponibilité. Aujourd’hui, par exemple, 90 à 95 % des besoins en semences et plants biologiques sont satisfaits pour des espèces comme le blé tendre et la pomme de terre.

Depuis le 1er juillet 2019, l’Itab (Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques) et le Gnis ont signé une convention dont l’objectif est de permettre d’orienter le choix des variétés à tester dans les essais.

Mettre en œuvre le nouveau règlement européen

« Le nouveau règlement bio donne la possibilité de commercialiser des semences de matériel hétérogène biologique, précise le Gnis. La Commission transversale semences et plants biologiques du Gnis a proposé que les exigences de pureté spécifique et de taux de germination soient identiques à celles existantes dans les directives semences, la qualité sanitaire étant, quant à elle, celle définie dans le nouveau règlement santé des végétaux. Des règles d’étiquetages ont été également précisées. »

Le Gnis a aussi proposé d’avoir un contrôle officiel de qualité allégé réalisé par le Soc (Service officiel de contrôle et de certification) afin de « garantir le respect des normes de qualité aux utilisateurs finaux tout en respectant totalement la volonté du législateur que la réglementation ne soit pas un frein à la mise en marché de ce type de matériel. »

Ainsi, l’Interprofession des semences et plants indique ne pas avoir « attendu la mise en œuvre du règlement bio (qui a été reporté d’une année) pour mettre en place les mesures nécessaires pour atteindre l’objectif de satisfaire la demande de semences bio à 95 % d’ici 2025, comme elle s’y était engagée dans son plan de filière pour les semences et plants. »

Céline Fricotté