Selon une note d’Agreste, les céréales couvraient 9,05 Mha en 2018, soit 284 000 ha de moins qu’en 2017. C’est la plus faible sole des dix dernières années ; la moyenne de 2008 à 2017 se situe à 9,43 Mha. « Cette baisse est compensée partiellement par la hausse des surfaces en oléagineux », à 2,36 Mha (+188 000 ha par rapport à 2017).

Avec 227 270 ha en 2018, les protéagineux occupent une faible part de la sole française, et enregistrent une baisse de 24 % sur un an. Après une « hausse significative de 2014 à 2017, en écho au plan protéines végétales 2014‑2020 », ces cultures « s’établissent à un niveau inférieur à celui de la moyenne de la décennie précédente » (251 294 ha). À l’inverse, la culture du soja (classée dans les oléagineux), continue de se développer, avec une hausse de 9 % des surfaces, pour atteindre 154 000 ha.

Pois, lentilles et haricots ont la cote

« Les surfaces des cultures de légumes secs pour l’alimentation humaine explosent ; elles sont multipliées par 2,7 ces dix dernières années », indique Agreste. La hausse est particulièrement notable à partir de 2016, faisant suite à la réforme de la Pac. Ces cultures sont en effet considérées comme des surfaces d’intérêt écologique (SIE) depuis 2015 pour le paiement vert, à la suite de la réforme de 2015. « Après une hausse des surfaces de 85 % en 2017, cet essor se poursuit en 2018 avec une augmentation de 29 % de ces surfaces agricoles par rapport à l’an passé, atteignant 66 823 hectares », contre une moyenne de 2008 à 2017 de 24 820 ha.

Le lin fait un tabac

Les plantes à fibre, comme le lin et le chanvre, sont de plus en plus cultivées pour la fabrication de biomatériaux, « en raison de leurs performances thermiques et mécaniques », précise Agreste. Leurs surfaces augmentent très nettement : +63 % entre 2008 et 2018. C’est particulièrement vrai pour le lin (105 881 ha en 2018 contre une moyenne de 2008 à 2017 de 70 034 ha), qui représente 87 % de l’assolement des plantes à fibre.

Au contraire, les surfaces dédiées au tabac ont fortement diminué en 10 ans (–3 597 ha pour s’établir à 2 619 ha en 2018). « À la fin de 2019, la dernière usine de transformation de tabac en Dordogne a fermé ses portes confirmant l’arrêt d’une filière 100 % française », précise Agreste.

L’organisme souligne également une forte hausse des surfaces de fruits à coques tels que les noix et noisettes (+17,4 % en 2018 par rapport à 2008-2017), mais une baisse d’ensemble pour les autres fruits ; –7,7 % pour les fruits à noyaux, –2,9 % pour les fruits à pépins, –4,9 % pour les agrumes, –2,3 % pour les petits fruits.

H. Parisot