Dans sa réponse publiée ce 9 août 2018, le ministère de l’Agriculture révèle que les mortalités hivernales constatées à la sortie de l’hiver de 2017-2018 sont « en augmentation par rapport aux hivers précédents en Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Bourgogne Franche-Comté principalement ».

Le ministère précise que ces observations sont issues de remontées d’information sur l’ensemble du territoire auprès des Dral (directions régionales de l’alimentation) chargées de faire un « état des lieux précis des mortalités ». « Une enquête quantitative à destination des apiculteurs français, élaborée dans le cadre de la plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale sera lancée cet été », assure le ministère.

Observatoire des mortalités déployé dans toutes les régions

En termes de surveillance, « l’observatoire des mortalités et des affaiblissements des colonies d’abeilles, mis en place en 2017 de manière exploratoire dans deux régions pilotes, la Bretagne et les Pays de la Loire, doit notamment permettre d’objectiver la situation du cheptel apicole », rappelle le ministère. Un premier bilan de fonctionnement a été publié le 6 juin 2018. Cet observatoire a pour vocation à terme d’être déployé dans l’ensemble des régions françaises.

Plusieurs organisations apicoles avaient fait état depuis avril dernier de surmortalités particulièrement marquées à la sortie de cet hiver, inquiétude reprise dans la question du sénateur Wattebled. « Incapables de produire du miel, ces apiculteurs sont dans l’impossibilité de vivre de leur métier », écrit-il. Mais selon lui, « plus de trois mois après les premières alertes, les apiculteurs n’ont aucune réponse sur l’engagement de l’État quant à un plan de soutien des apiculteurs sinistrés ». Un plan exceptionnel de sauvegarde que les apiculteurs avaient appelé de leurs vœux.

Décisions réglementaires

Dans sa réponse au sénateur, le ministère rappelle toutes les décisions prises au niveau réglementaires, notamment en ce qui concerne la réduction de l’impact des produits phytosanitaires. Avec en premier lieu, l’interdiction au 1er septembre 2018 des néonicotinoïdes, avec possibilités de dérogations jusqu’au 1er juillet 2020.

« L’avis et le rapport de l’Anses “Risques et bénéfices relatifs des alternatives aux produits phytopharmaceutiques comportant des néonicotinoïdes” sont parus le 30 mai 2018, précise le ministère. Les éventuelles dérogations seront décidées sur la base des conclusions de ce rapport, des évolutions et de l’encadrement de ces molécules au plan européen. En effet, des restrictions complémentaires ont été votées à la fin d’avril, visant trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) et restreignant leur usage uniquement sous serre, avec application effective le 19 décembre 2018. »

Par ailleurs, « le plan d’actions gouvernemental sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides a été présenté le 25 avril 2018, développe le ministère. Il prévoit, parmi les mesures destinées à préserver l’environnement, un renforcement du dispositif réglementaire de protection des abeilles et autres insectes pollinisateurs. »

I.E.