« Depuis plusieurs semaines, nous recevons des appels d’apiculteurs de différentes régions françaises rapportant des mortalités anormales de leurs colonies en sortie d’hiver », alerte l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) dans un communiqué de presse du 26 avril 2018.

Ainsi, selon le syndicat, en Dordogne, ce sont près de 2 500 colonies qui ont été recensées comme mortes. En Charente-Maritime, les apiculteurs rapporteraient une situation catastrophique. Les Bretons sont également victimes de phénomènes de mortalités inexpliquées de grande ampleur. Dans l’Aisne, la situation est aussi critique. Certains départements comme la Creuse ou le Doubs déplorent des mortalités importantes, mais seulement en zone de grandes cultures, rapporte l’Unaf.

« Amateurs, semi-pros ou professionnels… tous sont touchés, souligne le syndicat apicole. Pour l’heure, les causes de ce désastre n’ont pu être identifiées. L’hiver 2017-2018 a certes été plus long que les autres et de nombreux facteurs peuvent interagir dans ce phénomène complexe que sont les mortalités d’abeilles : météo, maladies, pesticides, etc. Une chose est sûre, la contamination chimique et quasi omniprésente de l’environnement par les pesticides fragilise les colonies et alors qu’elles sont exposées à de multiples facteurs de stress, elles ne résistent plus et elles déclinent. Face à cette situation, le découragement gagne les apiculteurs et aujourd’hui, beaucoup sont sur le point de jeter l’éponge. »

L’Unaf demande en conséquence le soutien de l’État pour identifier les causes de ce désastre et l’indemnisation des apiculteurs touchés, au-delà des traditionnels dispositifs de calamité agricole. Le syndicat demande aussi le rétablissement d’un environnement viable pour les pollinisateurs (fin des pesticides les plus toxiques pour les abeilles et réorientation vers des systèmes plus respectueux).