Dans un rapport (en anglais) paru le 8 septembre 2020, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) se penche sur l’importance de la santé des sols. Ce document « quantifie pour la première fois les avantages sociétaux et la valeur monétaire potentiels d’une adoption mondiale, à grande échelle, de méthodes d’agriculture durable rentables, qui stimulent la matière organique et la biodiversité des sols ».

Rendements, irrigation et stockage de carbone

« Une augmentation annuelle de seulement 0,4 % de la teneur en carbone des sols agricoles (un indicateur clé de la biodiversité des sols) au cours des trente prochaines années pourrait potentiellement stimuler la production mondiale de trois grandes cultures, maïs, blé et riz, jusqu’à 23,4 %, 22,9 % et 41,9 % par an respectivement », affirme le rapport. Cette augmentation correspond aux objectifs de l’initiative 4 pour 1 000, lancée en 2015. Ces hausses de rendement sont estimées à 135,2 milliards de dollars américains par an.

L’objectif du 4 pour 1 000 se traduirait par une séquestration de carbone, à hauteur de 1 gigatonne par an en moyenne, soit 10 % des émissions mondiales de carbone d’origine humaine sur la base des chiffres de 2017. L’UICN estime que « cette contribution à l’atténuation des changements climatiques permettrait à la société d’économiser environ 600 milliards de dollars américains par an ».

> À lire aussi : Lancement de l’initiative 4 pour 1 000 (01/12/2015)

En outre, l’augmentation de la teneur en carbone organique des sols agricoles dans le monde augmenterait leur capacité à stocker l’eau jusqu’à 37 milliards de m3, réduisant ainsi les besoins d’irrigation d’environ 4 % à l’échelle mondiale, et permettant une économie potentielle de 44 milliards de dollars américains par an, selon le rapport.

Diversité des approches de la durabilité

Selon l’UICN, il est possible d’atteindre les 4 pour 1 000 grâce à « l’adoption à grande échelle de pratiques durables ». Les approches et les pratiques se revendiquant comme telles sont très variés : agriculture écologiquement intensive, agroécologie, agriculture biologique, agriculture régénérative, agriculture de conservation, agroforesterie… Pour l’UICN, bien que cette diversité soit source de confusion, cela met en évidence « qu’il existe déjà des connaissances qui soutiennent l’adoption de pratiques de gestion des terres plus durables adaptées localement à l’échelle mondiale ».

Le réseau d’organisations appelle à « récompenser les agriculteurs adoptant des pratiques agricoles durables » en réorientant les subventions publiques et les financements privés de l’agriculture conventionnelle.

Hélène Parisot