Ce matin, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) de la Sarthe ont mené des opérations « symboles » contre Lactalis. « Ce produit laitier ruine les éleveurs », peut-on lire sur les étiquettes apposées sur les produits Lactel et Président (marques de cet industriel), dans deux supermarchés au Mans. « À quoi cela sert d’être numéro deux mondial, si c’est pour être si mauvais avec ses producteurs ? », s’indigne Pascal Clément, président de la section laitière de la FDSEA. Trois semaines auparavant, la coopérative Sodiaal était bloquée par les mêmes syndicats pour des chefs d’accusation identiques.

Mais depuis le début de la semaine, le syndicalisme majoritaire de l’ouest de la France mène une campagne ciblée contre le groupe Lactalis. Des banderoles fleurissent le long des axes de communication dans les Pays de la Loire et en Bretagne. « Aujourd’hui, les niveaux de paiement de Lactalis sont indignes, explique Pascal Clément. Nous attentons un sursaut de réaction des entreprises laitières. »

« Des actions syndicales irresponsables » pour Lactalis

La réponse du géant laitier ne s’est pas fait attendre. « Prendre l’entreprise pour cible ou bouc émissaire d’une crise laitière qui est européenne et mondiale de manière permanente et exclusive et, ce quels que soient les motifs, n’est pas acceptable », déclare Michel Nalet, porte-parole de l’entreprise. « Dénigrer, sticker les produits à marque du Groupe Lactalis, c’est scier la branche sur laquelle les producteurs, et en premier lieu ceux livrant à Lactalis, sont assis. » Dans un communiqué, le groupe n’hésite pas à parler d’actions « de dénigrement, voire diffamatoires ».

Pourtant, le bras de fer ne s’arrêtera pas maintenant puisque de nouvelles actions sont prévues au début de la semaine prochaine.

Danone épinglé par la Coordination rurale

Danone, troisième groupe laitier mondial, a doublé son bénéfice net au premier semestre de 2016 par rapport à l’année précédente. L’industriel explique que l’amélioration de sa marge opérationnelle découle « d’un contexte favorable des matières premières ». Et cette fois, c’est la Coordination rurale qui grince des dents, trouvant cela « indécent ». « Les acteurs de la filière semblent “oublier” que l’agriculteur n’est pas une variable d’ajustement », peut-on lire dans un communiqué de presse du syndicat, du 28 juillet 2016.

M.B.