« Il y a eu une avancée. Le ministre va débloquer une enveloppe 5 millions d’euros pour la distillation », a déclaré Jean-Louis Benassi, le directeur d’Unicid, à La France Agricole, après la réunion avec le ministre de l’Agriculture le 8 juin 2020. Cet argent va permettre de retirer du marché une partie du surplus de cidre lié au repli de la consommation, et notamment à la fermeture des bars et restaurants pendant le confinement mis en place pendant l’épidémie de coronavirus. Après transformation, l’alcool servira à produire du gel hydroalcoolique.

À lire aussi : Les cidriers veulent distiller (15/05/2020)

« Ça reste bien en dessous des 22 millions que nous avons demandé », précise le directeur d’Unicid. En effet, la filière cidricole va devoir retirer du marché les pommes qui ne trouveront pas de débouchés face à un marché du cidre au ralenti ou ne seront pas exportées ou transformées en spiritueux comme les autres années.

Les fabricants étrangers de cidre n’achèteront probablement pas les 40 000 tonnes de pommes habituelles (sous forme de fruits ou de concentrés). De même pour les producteurs de Calvados, eau-de-vie et pommeau qui ont vu leur chiffre d’affaires diminuer de 70 % pendant le confinement.

À lire aussi : Cidre, l’appel aux consommateurs (20/05/2020)

Un effet de seuil trop excluant

La réunion avec le ministre a aussi permis d’aborder les mesures de soutien aux entreprises. Si les entreprises cidricoles ont bien bénéficié du chômage partiel, la filière a demandé au ministre d’avoir les mêmes conditions de remboursement que le secteur de la restauration dont il dépend directement.

Le ministre a annoncé des exonérations de cotisations sociales en fonction de la baisse du chiffre d’affaires à partir du moment où celle-ci est supérieure à 50 %. « Mais on peut avoir perdu 20 ou 40 % des ventes et souffrir beaucoup », explique le représentant de l’interprofession du cidre. Selon lui, ce seuil exclut beaucoup d’entreprises qui ne s’en remettront peut-être pas.

À lire aussi : La filière cidricole demande un plan de soutien (04/05/2020)

Autre problème, l’exonération des charges sociales concerne uniquement les salariés, les non-salariés n’étant pas pris en compte. Mais beaucoup de producteurs de cidres fermiers ou artisanaux travaillent seuls ou avec peu de main-d’œuvre et ne pourront donc pas (ou peu) bénéficier de cette mesure.

Cependant, Jean-Louis Benassi remarque que les contours de beaucoup de ces mesures restent flous et pourraient évoluer dans les semaines à venir.

Renaud d’Hardivilliers