« L’affaire est sérieuse et mérite mieux qu’un débat expédié et raté à l’Assemblée Nationale ». Voilà comment Xavier Beulin, le président de la FNSEA, conclut le communiqué de presse diffusé mardi 1er décembre au sujet de l’amendement au projet de loi de finance rectificative pour 2015 visant à créer une taxe de 5 % sur le chiffre d’affaires des entreprises d’abattage. Taxe qui alimenterait un fonds de soutien à l’élevage.

S’il considère que les abatteurs et les transformateurs « ne jouent pas toujours le jeu de l’intérêt collectif des filières viande, et singulièrement des éleveurs », il juge qu’« instaurer une taxe dont le montant serait 5 à 10 fois plus élevé que la marge nette de ces entreprises est irresponsable. Elle aurait pour premier effet de dégrader encore la compétitivité de la filière, et de détruire de la valeur et de l’emploi, industriels comme agricoles. »

« Paradoxal et incohérent »

Au passage, Xavier Beulin trouve « paradoxal, pour ne pas dire incohérent, que les mêmes députés […] adoptent sans broncher l’article 2 du projet de loi de finances visant à prélever 255 millions des réserves du Fonds National de Garanties des Risques en Agriculture (FNGRA) pour abonder le budget général de l’État. Priver la profession agricole de ressources constituées […] sur sa propre contribution […] et dans le même temps inventer une nouvelle taxe : voici bien le mal français […] ! »

Le président de la FNSEA n’écarte pas l’idée d’un fonds de soutien à l’élevage. « Mais avec la contribution de l’ensemble des acteurs : fournisseurs, éleveurs, transformateurs, distributeurs, Restauration Hors Domicile, poursuit-il. Il est de l’intérêt de tous de pérenniser l’élevage français et de l’accompagner, tant pour surmonter ses difficultés conjoncturelles que pour réaliser les indispensables investissements de modernisation. »