Invité d’Europe 1 ce matin, jeudi 28 juillet 2016, Xavier Beulin a parlé d’une « année noire » pour l’agriculture. « On n’avait jamais vu ça depuis l’après-guerre. Même 1976 aura sûrement été meilleure que 2016 ». Au-delà des mauvaises récoltes de céréales, qui touchent un territoire d’une taille inédite – « toute la moitié nord de la France, du sud du Berry au nord des Hauts-de-France, en passant par l’est du pays » – c’est toute l’agriculture qui est touchée. « Globalement, beaucoup d’exploitations vont subir des demi-chiffres d’affaires, a déclaré le président de la FNSEA. Cela se chiffre en milliards d’euros. » Les premières estimations seront disponibles à la fin d’août.

Impact sur la croissance et le PIB

Pour y remédier, « c’est autre chose (NDLR que le plan de soutien aux céréaliers annoncé le 27 juillet par le gouvernement) qu’il nous faudra ». « Nous avons besoin d’un plan de refinancement », a-t-il affirmé, précisant tout de suite qu’il ne s’agissait pas de faire appel aux contribuables.

« Les taux d’intérêt sont aujourd’hui particulièrement bas, il faut en profiter pour restructurer la dette, en particulier des jeunes agriculteurs et des récents investisseurs. Sans doute avec les concours publics, a-t-il précisé. J’ai personnellement demandé à la banque publique d’investissements (BPI) de nous apporter son soutien. L’enjeu est majeur. On commence désormais à parler d’impact sur la croissance et sur le PIB. »

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Arielle Delest