Le contexte économique de 2010 et « l'extrême tension » des négociations commerciales, qui se sont clôturées le 1er mars dernier, pourraient coûter au secteur agroalimentaire « de 3.000 à 5.000 emplois », a estimé Jean-René Buisson, président de l'Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), mardi.

Ce dernier a dressé un bilan « en demi-teinte » de l'année écoulée : « En 2010, l'agroalimentaire reste le premier secteur industriel français, avec un chiffre d'affaires de 143 milliards d'euros en légère augmentation par rapport à 2009 (+3 %). Il conserve également son deuxième rang en tant qu'employeur, avec 477.000 salariés et sa quatrième place d'exportateur mondial. Cependant, la reprise n'a pas été à la hauteur de la chute de 2009 et n'a donc pas permis aux entreprises de retrouver leur niveau d'activité d'avant crise. »

De plus, en 2010, l'envolée des prix des matières premières agricoles a rendu encore plus difficiles les négociations avec la grande distribution. Devant le refus des distributeurs d'accepter les hausses de tarifs, « les industriels ont été forcés de prendre en charge 60 % des augmentations des matières premières, a regretté Jean-René Buisson. Les pouvoirs publics doivent reconnaître que la LME ne remplit pas ses objectifs de mise en place de négociations équilibrées ! »

Le président de l'Ania l'assure : « Nous n'échapperons pas à une refonte de la filière entre des agriculteurs aidés, peu compétitifs et souvent en difficulté, des distributeurs à la recherche de nouveau modèle économique et nos entreprises tiraillées antre l'amont et l'aval. »

A.Ca.