« Nous découvrons avec stupeur, dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage, un projet de “bonus-malus” qui vise notamment les emplois saisonniers », s’indignent une centaine d’entreprises et de syndicats du secteur agroalimentaire dans une lettre ouverte au Premier ministre Édouard Philippe publiée dans le Journal du Dimanche le 28 juillet 2019.

Les contrats saisonniers en ligne de mire

« Ce serait un coup de poignard dans le dos. Toute surtaxation des contrats saisonniers constituerait un risque économique majeur », ajoutent-ils, précisant que les entreprises du secteur « transforment 70 % de la production agricole et de la pêche et s’adaptent de manière structurelle à des moments de récoltes et de consommation ».

Parmi les signataires figurent notamment Fleury Michon, Haribo, Lindt, D’Aucy et Sodebo. Quelques organisations professionnelles se sont jointes à l’appel, dont le syndicat du chocolat ou la Fédération nationale de l’industrie laitière. La réforme de l’assurance chômage prévoit d’appliquer un système de bonus-malus dans sept secteurs consommateurs de contrats courts.

Pénaliser les abus de CDD

Le principe du bonus-malus est de faire varier le taux de cotisation d’assurance chômage d’une entreprise en fonction de son taux de rupture de contrats donnant lieu à inscription à Pôle Emploi. L’objectif est de pénaliser les entreprises qui abusent des CDD courts et font financer les creux de leur activité par l’assurance chômage

Selon Pôle Emploi, le secteur de la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac est celui qui a le plus fort taux de rupture. « Notre demande est simple : tenez compte de la saisonnalité de nos emplois et de notre proximité avec l’agriculture », plaident les signataires de la lettre relayée par l’Ania (1).

AFP

(1) Association nationale des industries alimentaires.