Quelques mois après avoir structuré l’initiative en association, les partenaires du contrat de solutions ont fait un point d’étape ce 4 février 2020. L’occasion pour Éric Thirouin, président du comité de pilotage du contrat de solutions, d’attribuer les satisfecit et de pointer les marges de progrès restant.

Rappelons que le « contrat de solutions » est une démarche collective qui identifie près de 300 leviers mobilisables pour diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires.

> Pour en savoir plus : Contrat de solutions : 292 pistes pour utiliser moins de phytos (26/02/2018)

> Voir aussi : Phytos : Le ministre signe « enfin » le contrat de solutions lancé par la FNSEA (26/02/2019)

Un bon point pour les étiquettes

Parmi les bons élèves, l’association distingue la fiche n° 55 sur l’amélioration de l’étiquetage des produits phytosanitaires. « À la fin de 2019, 90 % des étiquettes respectaient le standard défini par l’industrie, qui offre plus de lisibilité et d’homogénéité à l’agriculteur, se félicite Éric Thirouin. C’est le premier grand succès du contrat. »

Réduction des fongicides avec les OAD

L’autre motif de satisfaction est le déploiement des outils d’aide à la décision (OAD), « des opérations faciles à évaluer puisqu’on sait combien de fois l’application a été téléchargée », précise Éric Thirouin. L’OAD de traitement du mildiou de la pomme de terre a été utilisé sur 100 000 hectares en 2019 et celle contre les maladies du blé a couvert 494 000 hectares. En tenant compte des OAD contre le mildiou et l’oïdium de la vigne, Éric Thirouin estime que la quantité de fongicide utilisée a été réduite de 20 %. L’utilisation de variétés résistantes progresse également, avec 1 760 ha de plants de pomme de terre résistants au mildiou en 2019 et 40 % des surfaces de betteraves sucrières cultivées avec une variété résistante aux maladies foliaires.

Le biocontrôle dépasse ses objectifs

« Même s’il part de très bas, le biocontrôle a explosé cette année, affirme Éric Thirouin. La preuve : nous avons déjà atteint les objectifs fixés pour 2025. » Les utilisations du soufre contre la septoriose du blé ont augmenté de 200 % en un an avec plus de 300 000 hectares couverts. En cultures légumières, l’emploi de Bacillus amyloliquefaciens contre les maladies fongiques et bactériennes a représenté 10 000 hectares en 2019.

Améliorer le dialogue avec les citoyens

Tous ces motifs de satisfaction ne doivent pas faire oublier les énormes marges de progrès, notamment dans la communication auprès du grand public. « Les plans Ecophyto qui se sont succédé ne sont pas des échecs, c’est le résultat qui est un échec, a rappelé Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture. Il y a eu 25 % de produits phyto achetés en plus en 2019. Il y a plein de raisons pour ça mais elles sont tellement compliquées à expliquer que les citoyens ne les écoutent pas. Nous devons leur faire comprendre que tout ne peut pas se faire du jour au lendemain. » C’est dans cet esprit que le contrat de solutions a déjà signé 28 chartes départementales de bon voisinage. « Dans mon département (Eure-et-Loir), nous avons déjà organisé 5 réunions sur le thème “les agriculteurs nos voisins”, qui ont réuni plus de 550 personnes », explique Éric Thirouin. Ces initiatives sont appelées à se déployer sur les autres départements.

Sensibiliser les agriculteurs

Si le grand public n’a pas connaissance du contrat de solutions, les agriculteurs eux-mêmes n’y sont pas encore assez sensibilisés. « Lors du prochain salon de l’agriculture, nous allons axer notre communication sur la protection des agriculteurs lors de la manipulation des produits phytosanitaires, prévient Éric Thirouin. Ce sera l’occasion de les sensibiliser sur la nécessité de porter les EPI (équipements de protection individuelle) adaptés, car ce sont eux les premiers exposés aux produits phyto ».

> À lire aussi : Paroles de ministre : « Il faut maintenir le glyphosate en agriculture de conservation » (05/20/2020)

Corinne Le Gall