La Confédération paysanne (CP) exprime « [sa] surprise, [sa] déception et [sa] colère » face au rapport sur la contractualisation remis au ministre de l'Agriculture le 13 juillet et diffusé publiquement le 1er août, dans un communiqué publié jeudi.

Ce rapport, qu'elle qualifie d'insipide, « n'apporte aucun élément nouveau qui n'ait déjà été pointé du doigt par la Confédération paysanne et qui soit de nature à protéger et renforcer le pouvoir des producteurs », estime-t-elle.

Parmi les reproches du syndicat, l'absence de remise en cause des critères relatifs à la fixation du prix du lait, ce qui exclut les coûts de production des éleveurs.

Par ailleurs, le rapport considère que la création d'OP (organisations de producteurs) va donner un pouvoir de négociation aux paysans. Pour le syndicat, « cela est faux ». « D'une part, le très petit nombre d'acheteurs les place, de fait, en situation d'imposer leur prix aux vendeurs, et le pouvoir de négociation des producteurs, même organisés, sera d'autant plus inexistant que le marché sera excédentaire, explique la CP. D'autre part, la possibilité de création d'OP par usine va éclater la représentation des producteurs et amoindrir leur capacité de défense collective, au bénéfice des industriels qui vont diviser pour régner. »

« Enfin, prétendre que les producteurs ont adhéré à la démarche de contractualisation parce que des contrats ont été signés, en oubliant que ces signatures ont été faites sous la menace de l'arrêt de la collecte du lait est une contre-vérité affligeante », souligne encore le syndicat.

La CP réitère sa demande au ministre « pour l'instauration d'une véritable réflexion collective prenant en compte l'intérêt des producteurs, mettant en place de véritables outils de régulation afin d'ajuster l'offre à la demande, de véritables outils à la disposition des producteurs afin que le lait soit produit sur tous les territoires et qu'il assure une juste rémunération des producteurs ».

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E.C.