Qui peut se permettre d’avoir une alimentation équilibrée ? C’est la question que tente de résoudre la treizième édition de l’étude de Familles rurales, menée cette année dans 26 départements. D’après l’association, en 2019, si votre foyer comporte 4 personnes, il vous faudra ainsi dépenser entre 117 et 222 € par mois pour offrir 5 fruits et légumes frais par jour à toute la famille.

Pas assez, sans doute, aux yeux des producteurs, mais beaucoup trop pour les foyers les plus modestes, souligne Dominique Marmier, président de Familles rurales. « Dans certaines familles, cela représente un budget considérable. Comme l’alimentation, les charges sur le logement, le transport et l’électronique ont augmenté, mais pas les salaires », regrette-t-il.

Des prix tirés par l’inflation

Entre 2018 et 2019, le prix des fruits aurait baissé de 4 % en conventionnel et de 8 % en bio, quand le prix des légumes aurait augmenté de 10 % en conventionnel et de 2 % en bio.

« D’une année sur l’autre, il y a bien sûr les effets liés à la météorologie. Cette année, par exemple, la chaleur a pu entraîner des hausses de consommation et des baisses de production qui expliquent les mouvements de prix. Mais sur le long terme, on constate que les prix des fruits et légumes suivent l’inflation », analyse Dominique Marmier.

Du bio pas tout beau…

Dans cette nouvelle édition de son rapport, Familles rurales décerne aussi un carton rouge au bio. « L’intérêt du bio, c’est de manger des produits sains. Mais lorsque ceux-ci sont trop emballés, ou importés depuis l’Amérique du Sud, les promesses en termes de santé ou d’environnement ne sont pas tenues », dénonce Dominique Marmier.

Dominique Marmier, président de famille rurale © DR

Le rapport rappelle que la législation impose aux distributeurs « d’assurer la traçabilité des produits biologiques », et de procéder à « une séparation dans l’espace ou dans le temps des produits biologiques et non-biologiques ». Une exigence qui conduit certains distributeurs à proposer des fruits à l’unité, dans des barquettes recouvertes de film plastique.

… mais de plus en plus accessible

Le président de l’association souligne cependant que la hausse des surfaces françaises en bio rend aujourd’hui ces produits plus accessibles. « Pour la première fois cette année, la hausse des prix en bio est moins marquée qu’en conventionnel », relève Dominique Marmier.

Concilier les revendications des producteurs avec les besoins des familles en difficulté sera-t-il donc bientôt possible ? Oui, selon l’association, à condition de poursuivre le développement des circuits courts.

« Nous nous réjouissons de cette exigence de 50 % d’approvisionnement local en restauration collective, que nous avons soutenue dans la loi EGAlim. Le consommateur y gagne en transparence, et le producteur peut être rémunéré plus équitablement. Car pour que les territoires ruraux restent attractifs, il nous faut des agriculteurs », rappelle Dominique Marmier.

Ivan Logvenoff