Le marché alimentaire du bio pèse aujourd’hui « près de 5,8 milliards d’euros, soit le double de son niveau de 2008 », note une étude Xerfi publiée en juillet 2016. Et rien ne paraît pouvoir freiner sa croissance : d’après les prévisions de cet institut d’études économiques, les ventes de produits biologiques bondiront de 15 % en 2016 et pourraient dépasser 9,3 milliards d’euros d’ici à 2020.

Les magasins spécialisés résistent aux grandes surfaces

Dans ce contexte, les magasins spécialisés apparaissent « en état de grâce » (en particulier Biocoop, La Vie Claire, Naturalia et Bio c’Bon) et semblent résister face à l’offensive des grandes surfaces alimentaires (GSA). Ces dernières ne ménagent pourtant pas leurs efforts pour fidéliser des consommateurs de plus en plus exigeants sur la qualité et l’origine de l’offre. « Compte tenu du dynamisme actuel des magasins spécialisés, la part de marché des GSA devrait se contracter pour plafonner à 42 % d’ici à 2 ou 3 ans », relève l’étude. Mais elles seront quoi qu’il en soit « les grandes gagnantes de la vague de démocratisation du bio en France d’ici à 2020 », est-il assuré.

Les circuits alternatifs se développent

Et la vente directe dans tout ça ? Selon Xerfi, les marchés paysans, ventes à la ferme, Amap, paniers collectifs et autres foires et salons affichent « les meilleures performances du marché depuis 2011, avec 16 % de croissance moyenne annuelle ». Ces modes de distribution devraient représenter plus de 14 % des ventes de produits bio en 2020, soit presque un point de plus qu’aujourd’hui, estiment ses experts, qui y voient l’effet d’un engouement croissant pour les circuits courts.

Alain Cardinaux