« Cinq fruits et légumes par jour. » Le message a été martelé depuis 2001. Pourtant, les Français suivent de moins en moins la recommandation du programme national de nutrition santé (PNNS). Le Crédoc (1), fort des résultats de l’enquête « Comportement et consommations alimentaires en France » (2), analyse le délaissement des recommandations comme étant le fruit d’inégalités sociales et territoriales. Rappelant que la consommation de fruits et légumes (F&L) a « un effet protecteur contre les principales pathologies chroniques », il estime que « la mise en place de politiques ciblées est plus que jamais nécessaire pour réduire au plus vite les fractures alimentaires ».

La crise économique

27 % en 2007, 31 % en 2013 puis 25 % en 2016. Après avoir augmenté, le nombre d’adultes respectant les recommandations de consommation de 5 F&L par jour a diminué, « balayé par la crise », analyse le Crédoc. Dans le même temps, la part des faibles consommateurs de F&L a, en ce qui la concerne, augmenté.

Le niveau d’étude

Plus le niveau d’étude des responsables d’un foyer augmente, moins il y a d’enfants dits « faibles consommateurs ». Le Crédoc indique en effet que « près de la moitié des enfants vivant dans des foyers où le responsable du ménage n’a aucun diplôme consomme moins de 2 portions de F&L » alors qu’ils ne sont que 23 % quand le responsable des achats a un niveau de diplôme supérieur ou égal à bac + 3.

La progression des faibles consommateurs est aussi moins rapide chez les adultes les plus diplômés.

La région géographique

Dans la région Nord, l’est du Bassin parisien et dans l’Ouest, la part de faibles consommateurs progresse plus vite que la moyenne nationale. Par ailleurs, c’est dans les régions de cultures maraîchères et fruitières (Sud-Ouest et Sud-Est) que les proportions de faibles consommateurs sont les plus faibles.

La génération

Les jeunes consomment moins de fruits et légumes que leurs parents. « Alors que, dans la génération née entre 1987 et 1996, le niveau de consommation de légumes à 25 ans est de 50 g par jour et celui de fruits de 45 g, il était, au même âge, plus de deux fois supérieur dans la génération née entre 1967 et 1976 avec 145 g de légumes et de 100 g de fruits », note le Crédoc.

Le mode de vie

Le mode de vie plus urbains et l’augmentation du temps passé devant les écrans orientent les jeunes générations vers la consommation de repas « pratiques » tels que pizzas, quiches, sandwiches, pâtes ou riz. En parallèle, « le temps des repas et celui de la préparation sont plus faibles ». Exemple marquant : la consommation de compotes chez les adultes a augmenté de 53 % entre 2013 et 2016.

L’arrivée des enfants

Le nombre de faibles consommateurs de F&L a augmenté surtout chez les 35-49 ans entre 2010 et 2016. Le Crédoc explique ceci par l’arrivée des enfants dans le foyer, qui réduit les temps consacrés à l’alimentation. Plus le foyer compte d’enfants, moins la consommation de fruits et légumes est élevée, que ce soit pour les parents ou pour les enfants.

A. Cas.

(1) Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

(2) La dernière édition de l’enquête a été menée entre l’automne 2015 et l’été 2016 auprès de 1 500 ménages représentatifs de la population des ménages résidents en France métropolitaine. Tous les membres du foyer âgés de trois ans et plus ont été interviewés. Afin de disposer d’un nombre suffisant d’enfants, un suréchantillon de 990 ménages a été constitué dans lesquels seul un enfant a été enquêté.