Invités à échanger sur l’agriculture bas-carbone, dans le cadre d’un conseil informel, les 7 et 8 février 2022 à Strasbourg, les ministres européens de l’Agriculture ont montré « une très forte mobilisation », s’est félicité Julien Denormandie : « Il y a eu un intérêt unanime des États membres dans la démarche initiée par la France autour de l’agriculture bas-carbone ».

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Une proposition législative pour la fin de 2022

Les présidents des syndicats européens des agriculteurs (le Copa, avec Christiane Lambert), des coopératives (Cogeca) et des jeunes agriculteurs (Ceja) étaient également présents et parties prenantes, a tenu à préciser le ministre.

Si la motivation est là, reste le plus dur : organiser un cadre réglementaire harmonisé au niveau européen. Il faudra d’abord se mettre d’accord sur les pratiques de réduction de gaz à effet de serre et de séquestration de carbone dans les sols (le « carbon farming »). Puis les labelliser avec une certification commune, pour in fine, valoriser les émissions évitées sous la forme de crédits carbone.

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La Commission européenne doit rendre une proposition législative d’ici à la fin de 2022. Il ne s’agira pas de donner des objectifs de réduction d’émissions aux agriculteurs, mais bien de rémunérer leurs efforts, a souligné le ministre.

« Nous voulons une approche qui permette la création à la fois de valeur environnementale et de valeur économique. Si les agriculteurs en tirent de nouveaux revenus, cela permettra de progresser plus vite », a insisté le ministre français.

Plus de 700 000 tonnes de CO2 captées en France

À l’échelle européenne, les travaux s’engagent pour identifier les pratiques agricoles qui captent le carbone et les certifier. « Avec le label bas-carbone, la France a déjà pris les devants », a précisé Julien Denormandie.

Le ministre a cité plus de six méthodologies de certification homologuées, et avancé le chiffre de plus de 700 000 tonnes de CO2 captées et disponibles avec l’association France Carbon Agri.

Il ne reste plus qu’à trouver les acheteurs privés ou publics. Pour montrer l’exemple, le ministère de l’Agriculture s’est engagé à racheter plus de 7 000 crédits carbone agricoles pour compenser ses émissions.

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Pour autant, ces crédits carbone agricoles, valorisés sur le marché volontaire, ont l’inconvénient d’être jusqu’à dix fois plus cher que les crédits sud-américains. « Nos référentiels sont plus contraignants et exigeants, justifie Julien Denormandie. Ce sera notre défi de s’assurer que nos crédits carbone européens restent compétitifs pour les acquéreurs. »

Sophie Bergot