Dans une note de conjoncture, Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, indique qu’en mars 2020 les prix de l’ensemble des produits agricoles à la production ont progressé. Ainsi, ils ont augmenté de 0,6 % (en données corrigées des variations saisonnières) en glissement mensuel et de 1,4 % (en données brutes) en glissement annuel. « Ils dépassent également les niveaux moyens de la période de 2015 à 2019 », précise Agreste.

Les cours de la fraise pénalisés par le confinement

Cette progression des prix est principalement portée par la hausse marquée des cours des légumes, « la crise sanitaire favorisant un report de la demande des consommateurs sur l’offre nationale », explique Agreste. En effet, pour les légumes frais, les prix « se redressent nettement sur un an sous l’effet de coûts de production plus élevés et d’une demande portée par la préférence accordée par les consommateurs aux produits français ».

En mars 2020, les prix des fruits se situent au-dessus de la moyenne quinquennale, notamment en raison du « dynamisme des cours des kiwis, poires et pommes ». Agreste note cependant que les prix dépassent « à peine ceux de 2019 sous l’effet du net repli des cours de la fraise en raison du manque de débouchés en début de confinement ».

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La demande chinoise en viande porcine reste soutenue

Agreste indique que les cours des animaux de boucherie ont également été dynamiques. Ils ont été largement portés par « le niveau élevé des prix des porcins ».

En effet, « malgré la déstabilisation des marchés faisant suite à l’épidémie de coronavirus, la demande chinoise reste toujours soutenue ». Les cours des porcins dépassent de plus de 20 % les prix moyens entre 2015 et 2019.

L’épidémie pénalise les céréales

Les prix des grandes cultures ont été « pénalisés par la stagnation des cours des céréales et le repli des prix des pommes de terre ». En effet, la chute des Bourses mondiales en raison de l’épidémie de coronavirus Covid-19 a entraîné un effondrement des prix des céréales durant la première quinzaine de mai.

Cependant, ces prix se sont « redressés dans la seconde quinzaine, sous l’effet d’une demande internationale toujours très dynamique de la part d’importateurs « souhaitant reconstituer leurs stocks et maîtriser leur souveraineté alimentaire ». Ainsi, Agreste explique que les prix des céréales sont quasi stables sur un an mais ils restent supérieurs à la moyenne des cours de mars sur la période allant de 2015 à 2019 ».

Des prix à la consommation en hausse

La contraction de la demande mondiale en pétrole et biocarburants a entraîné une baisse des prix des oléagineux en mars 2020 par rapport au mois précédent. Ils restent cependant supérieurs à ceux de 2019, car ils sont soutenus « par la forte baisse des récoltes de colza en France et dans l’Union européenne ».

En mars 2020, les prix à la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées ont progressé de 2 % en glissement annuel et mensuel. Ils ont été soutenus par les cours des viandes, des fruits, des légumes et des poissons.

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M.-A.B.