« En mai 2022, les prix à la production de l’ensemble des produits agricoles ralentissent légèrement (+28,9 % par rapport à ceux de mai 2021, après +30,8 % en avril), après leur accélération continue depuis l’invasion de l’Ukraine en février », indique Agreste dans une note d’Infos rapides publiée le 30 juin 2022.

En effet, les prix de toutes les productions, à l’exception des fruits, se sont accrus dans un contexte de hausse des coûts de production. Toutefois, si les prix des céréales, des oléagineux et des œufs continuent de grimper, leur rythme est moins soutenu qu’en avril 2022.

Les prix des céréales et des oléagineux ralentissent leur progression

Dans le détail, les prix des céréales progressent de nouveau par rapport à mai 2021 (+74,4 %) mais de manière moins marquée qu’en avril. Pour Agreste, cela s’explique par « les craintes suscitées par les restrictions à l’exportation mises en place par l’Inde et le manque de précipitations aux États-Unis et en Europe » mais également par « l’espoir de débloquer l’accès des céréales ukrainiennes à la mer Noire ».

Du fait du repli des prix du canola canadien et du soja américain ainsi que de la contraction de la demande chinoise à la suite des confinements sur son territoire, « la détente des prix est encore plus forte pour les oléagineux (+56,9 % en mai, après +96,4 % en avril) », explique Agreste.

Du côté des fruits, les prix s’affaissent de 21,1 % sur un an « sous l’effet du recul des cours des fraises et des pommes ». La demande de ces fruits est insuffisante pour absorber toute l’offre, les prix des fruits s’établissant au-dessous des cours moyens de 2017-2021.

En revanche, pour les légumes, les cours de mai 2022 poursuivent leur progression amorcée au mois précédent. Ils sont ainsi supérieurs de 4,9 % en glissement annuel. Si les prix des courgettes et des asperges souffrent d’une demande trop timide au regard de l’offre, cette hausse est portée par le dynamisme de la consommation de concombres, salades et tomates notamment.

L’envolée des coûts de production tire les prix du bétail à la hausse

Du fait de l’envolée des coûts de production, « les prix du bétail continuent de progresser, principalement sous l’effet de la hausse des cours des bovins ». Selon Agreste, les prix des gros bovins dépassent de plus de 33 % ceux de 2021 et de près de 40 % ceux de la moyenne sur cinq ans, dans un contexte d’offre toujours limitée.

Du côté de la viande porcine, les cours sont fermes, malgré une légère détente par rapport au mois dernier en raison d’une demande moins porteuse. « Après la fête de Pâques et du ramadan, les cours des ovins restent élevés, nettement au-dessus des cours moyens sur la période de 2017 à 2021, dans un contexte d’offre limitée », indique Agreste.

Les disponibilités réduites en lait ainsi que l’envolée des coûts de production ont de nouveau tiré les prix du lait de vache à la hausse, avec + 22,2 % sur un an. Quant aux œufs, leurs prix progressent (+88,1 % sur un an) mais moins fortement qu’en avril, dans un contexte de production restreinte par l’influenza aviaire.

Enfin, en mai 2022, les prix à la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées accélèrent leur progression avec +4,6 % sur un an, après +4,2 % en avril, « sous l’effet du renchérissement de la plupart des produits, à l’exception des fruits dont les prix sont en retrait », précise Agreste.

Si elle concerne toutes les familles de produits, les huiles et les graisses (+13,9 %) enregistrent les hausses les plus fortes.

Laurine Mongenier