« La République, ça n’est pas une nostalgie », a voulu rappeler mardi 19 novembre, le président de la République à travers un long discours de 1h20 devant les maires de France, rassemblées à l’occasion de leur congrès, jusqu’au 21 novembre, à Paris. Le chef de l’État a insisté auprès des élus sur la nécessité d’unir et de rassembler les Français, « quelles que soient les diversités et les sensibilités ».

À suivre : article de décryptage à paraître demain sur La France Agricole

Dénonçant « trop de fractures, territoriale, numérique, sociale, culturelle, identitaire – c’est ce qui a émergé du débat national », le président a indiqué ne pouvoir se résoudre « à ce que la France se réduise à un archipel. Cela signifie donc recoudre cette France trop souvent déchirée, entre la ville et les banlieues, les quartiers et les campagnes ».

Redéfinir les espaces

Emmanuel Macron demande ainsi aux maires de « faire bloc ». Et de rassembler notamment et d’abord, a-t-il indiqué, au travers des rites républicains, comme les cérémonies commémoratives qui « sont autant d’occasions de rassembler les générations », mais aussi de nouveaux cafés et « le choix résolu de privilégier le commerce de proximité ».

Il a aussi rappelé les actions mises en place par le gouvernement en la matière, notamment le lancement des maisons France service, et le déploiement de la couverture numérique du territoire. « Le temps est à la redéfinition de l’espace. Nos concitoyens veulent travailler là où ils vivent, ils ne veulent plus d’espaces séparés. Il nous faut retisser cela. Et ça dépend de votre engagement. »

Les phytos, pas l’affaire des maires

Le président a toutefois rappelé que le rôle des maires en matière d’écologie ne doit pas les conduire à prendre n’importe quelles décisions. « La toxicité d’un produit chimique n’est pas la compétence du maire. C’est pour vous protéger que ce pouvoir ne vous est pas donné, j’en appelle à modération en la matière. »

« Nous sommes en train de construire cette écologie concrète, a-t-il ajouté. On doit apporter un cadre clair et les financements pour l’accompagner. » Le chef de l’État a enfin conclu sur la décentralisation réclamée plus tôt par les maires : « Elle ne se fera sans des financements clairs pour l’accompagner. »

Les maires ruraux s’étaient davantage exprimés le matin sur leur manque de liberté tout en réclament plus d’égalité. Bref, sur leur volonté de peser davantage. Reste donc aux 1 700 élus conviés ce mercredi à l’Élysée à mieux se faire entendre.

Rosanne Aries