« La cotisation est un investissement qui doit avoir un retour sous forme de services. » A travers cette formule de Dominique Barrau, prononcée lors de la présentation du rapport moral, mercredi, lors du 65e congrès de la FNSEA, à Saint-Malo, c'est toute une réflexion sur les modes d'action du syndicat majoritaire qui est engagée. Un vrai tournant à négocier.

D'après le secrétaire général de la FNSEA, il faut « profiter d'une accalmie sur le front des prix pour expliquer et construire nos projets ». Et d'ajouter que le temps des manifestations en préfecture devait céder la place à « une plus grande rigueur dans les stratégies syndicales ».

« Demander 60 centimes d'euro en plus par kilogramme de viande n'est pas jouable à tous les coups » a précisé Dominique Barrau.

Les FRSEA, structures régionales de la FNSEA, sont aussi appelées à évoluer en étroite relation avec les échelons de décisions politiques et publiques (voir l'encadré).

« Passer d'une logique de production à une logique de débouchés », c'est la tendance clairement insufflée par Xavier Beulin, le nouveau président. Cela se traduit par des débats tels que celui sur l'indexation du prix des matières premières sur le prix des produits alimentaires.

Concernant la contractualisation, Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint, a insisté sur le fait qu'elle servirait à « sécuriser le revenu mais qu'elle ne ferait pas le revenu », relevant au passage des clauses abusives déjà observées çà et là, comme celle émise par un industriel laitier qui interdirait le droit de manifester !

« Nous devons mettre en place le cadre collectif d'outils qui relèveront de choix individuels », dans le but de favoriser le raisonnement d'entreprise, a précisé le secrétaire général adjoint.

Le rôle de la FNSEA, c'est aussi d'accompagner des agriculteurs qui « ne sont plus en mesure de donner une suite favorable à leur activité agricole », a complété Xavier Beulin, souhaitant ne pas laisser cette mission à d'autres.

« Un échec professionnel ne doit pas se traduire par un échec de vie », insiste le président de la FNSEA, qui considère que les défaillances d'entreprises agricoles doivent se régler dans la dignité, avec les outils juridiques, fiscaux et sociaux adaptés.

Par ailleurs, en réponse aux interventions de délégués, en huis clos la veille, sur les contraintes environnementales et les « enquêtes à charge contre les agriculteurs », la nouvelle équipe dirigeante devra contribuer à réduire la distance entre « notre métier et ce qu'en savent les Français », car elle « nourrit la défiance ».

Renforcer l'échelon régional

Lors de la présentation du rapport moral, Jean-Bernard Bayard a estimé nécessaire de renforcer l'échelon régional, à travers les FRSEA. « Les pouvoirs publics ne nous laissent pas le choix », a affirmé le secrétaire général, en s'appuyant sur l'exemple des projets agricoles régionaux ou encore de la création des bassins laitiers.

Le syndicat majoritaire doit consolider cet échelon de la vie syndicale, « sinon les arbitrages seront rendus sans nous », a-t-il ajouté.

Pour le prochain congrès, de nouvelles conventions devraient être établies entre la FNSEA et les FRSEA et une réflexion sera menée sur les moyens de celles-ci et leur reconnaissance statutaire.

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A.Co. et E.M.