Afin d’évaluer la perte d’activité liée aux mesures d’endiguement de la crise du coronavirus, l’Insee a comparé, pour chaque branche, « la situation estimée de l’activité de la semaine actuelle à ce qu’on aurait pu attendre d’une semaine normale ». D’après des « sources diverses », les mesures liées à l’épidémie de Covid-19 engendreraient un recul de l’économie globale de 35 %, le secteur le plus impacté étant celui de la construction (–89 %).

Les branches liées à l’agriculture et à l’agroalimentaire, qui enregistrent une baisse d’activité de 4 %, sont les moins touchées. D’après le rapport de l’Insee (1), les activités agricoles devraient se poursuivre seulement un peu en deçà de la normale et les industries agroalimentaires seraient moins affectées que le reste de l’industrie. L’ensemble ne verrait ainsi son activité « fléchir que légèrement », en comparaison à certains services marchands.

Les ventes en grande distribution grimpent

En se basant sur « des remontées des fédérations professionnelles ainsi que des données quotidiennes liées aux transactions bancaires », l’Insee dresse une estimation de la consommation globale des ménages, en instantané par rapport à une période « normale ». Si cette consommation est estimée en repli de 35 %, la part attribuée aux activités agricoles agroalimentaires est en hausse de 6 %.

« En ce qui concerne la grande distribution et l’e-commerce, l’indicateur IRi (2) relève une augmentation des ventes de 41 % en semaine 11. Sur les trois dernières semaines, les ventes relatives à la crémerie (beurre, lait, œufs…) grimpent de 19 %, tandis que celles du frais non laitier, incluant les viandes fraîches, recensent une hausse de 12 % », relate Philippe Chotteau, responsable du département de l’économie de l’Institut de l’élevage.

« La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) ainsi que la Fédération du commerce associé (FCA) s’attendent à un ralentissement des achats par rapport à la semaine 11, mais prévoient tout de même une hausse de leur chiffre d’affaires de 15 à 20 % dans les semaines à venir », complète Philippe Chotteau.

Lucie Pouchard

(1) Institut national de la statistique et des études économiques.

(2) Calcul de l’évolution des prix en pondérant chaque évolution de prix par le poids que le produit représente dans le chiffre d’affaires total (Observatoire des prix et des marges).