Pour lutter contre le coronavirus, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités ont fermé leurs portes « jusqu’à nouvel ordre », a indiqué le 12 mars 2020, Emmanuel Macron.

C’est donc le moment d’inventer pour les parents qui doivent désormais travailler tout en assurant les activités et les cours à la maison de leurs enfants. Car « ce ne sont pas des vacances », a dit le ministre de l’Éducation, garant de la continuité de l’enseignement pédagogique, mais ça n’est pas non plus l’école à la maison. Être enseignant est un vrai métier.

La preuve : à la découverte de la feuille de route laissée par la maîtresse ou le maître dans le cahier de liaison de son enfant, organiser un emploi du temps à partir d’une liste d’exercices et de matières suscite subitement le doute. Faut-il se cantonner à une matière par jour ? Pendant combien d’heures faut-il le faire travailler ? Comment répartir toutes ces tâches dans le temps ?

Donner un cadre et du rythme

Dès ce week-end, des plannings colorés confectionnés par parents et enfants ont fait leur apparition sur les réseaux sociaux, donnant un inventaire intéressant de la marche à suivre… Et de la discipline à s’imposer.

Deux jours plus tard, certains reconnaissaient n’avoir pas pu tenir le rythme. La première leçon à retenir est donc que s’il faut un cadre, il faut aussi s’accorder un peu de souplesse pour tenir sur le long terme et ne pas perdre pied au premier couac.

Il est impératif tout d’abord de lever l’enfant à heure fixe pour commencer le travail, dans l’idéal à 9 heures, et de le coucher à une heure raisonnable.

« Le travail transmis par les enseignants ne doit pas être réalisé en une seule fois, mais de manière régulière, réparti sur plusieurs jours », explique Mathieu Gobin, directeur de l’école primaire privée, de Rochetrejoux, en Vendée.

Privilégier des séquences de trente minutes à une heure, plutôt que des heures d’affilée, est aussi recommandée. « Dans ce temps de travail, il faut accorder des moments de pause à l’enfant, des moments de jeux comme de calme. »

Alterner les matières

Les activités et les cours doivent être répartis sur l’ensemble de la journée, tout en se rappelant que « les enfants sont plus efficaces le matin », note le professeur. Il est préférable par ailleurs d’alterner les matières par séquence de travail et de varier les activités au sein même des matières comme pour le français, avec la grammaire, l’orthographe, la conjugaison et la lecture.

« Si les parents manquent de temps ou qu’ils n’ont pas pu tenir le programme prévu, ce qui est important, à partir du CP, c’est que l’enfant lise. Il apprend forcément en lisant. » Il ne s’agit surtout pas dans tous les cas de le faire travailler autant qu’en classe.

Pour un collégien, on peut monter à plus ou moins quatre heures de travail par jour, et pour un lycéen, encore davantage.

Concernant les plus petits, il s’agit là aussi d’instaurer un rythme et d’alterner les activités de découpage, de collage, de dessins à faire à la maison, mais aussi de chants et de sport.

Outre les cours, les parents devront faire preuve de créativité le reste du temps, limiter les écrans, recourir aux podcasts, ressortir les jeux de société (se souvenir de tout ce que l’on peut faire avec un simple un jeu de cartes) et garder une place pour l’ennui qui, selon l’adage, favorise l’imagination.

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Rosanne Aries

Pour aller plus loin : les familles ont à leur disposition les ressources du Centre national d’enseignement à distance (Cned). Ils peuvent aussi s’appuyer sur les livres scolaires de leurs enfants, ainsi que des sites pédagogiques comme Educarte.fr, Nomad Education, Maxicours, etc.