Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« La prévention des boiteries chez les laitières est une priorité »

réservé aux abonnés

 - -->
Les cent vaches de l’élevage de Jelmer Smitstra sont conduites en système non pâturant, plus propice aux boiteries. La délégation des travaux liés aux cultures permet à l’éleveur de disposer de suffisamment de temps pour soigner ses animaux. © A. Courty/GFA

Dans l’Allier, Jelmer Smitstra allie parage régulier et petites attentions pour conserver l’aplomb des vaches conduites en zéro pâturage.

« Mieux vaut prévenir que guérir. » Chez Jelmer Smitstra, éleveur néerlandais installé depuis bientôt cinq ans à Bourbon-l’Archambault, dans l’Allier, cet adage prend tout son sens. « Avec cinq cas de dermatites légères par an, la prévalence des boiteries est très faible sur l’élevage », se réjouit l’éleveur.

Pour Judith de Cock, technicienne Allier Conseil élevage, ces résultats sont le fruit d’une prévention systématique et d’une grande rigueur sanitaire. « La dermatite étant d’origine bactérienne, le nombre de cas pourrait vite exploser. »

Ses expériences en tant que salarié dans des élevages de 140, 700 et 1 300 vaches aux Pays-Bas, aux États-Unis et au Danemark ont enseigné à l’agriculteur l’importance de cette veille sanitaire. « Il faut être encore plus rigoureux en système non pâturant, du fait de la dureté des sols, de l’humidité et de la concentration bactérienne », estime la technicienne.

Un parage maison

Autre élément rapporté de ses voyages, une cage de parage vieille de dix ans. « Je peux agir sans attendre, souligne Jelmer. Appeler le pareur pour une seule vache coûte cher, mais laisser traîner n’apporte que des ennuis. » Les vaches sont systématiquement parées au moment du tarissement pour assurer un suivi régulier. Les passages supplémentaires se font au cas par cas. « Je suis à l’affût de signes précurseurs de boiteries dans la salle de traite, avec une attention particulière en fin d’été (animaux fragilisés par les fortes chaleurs) et pour les vaches en début de lactation (mobilisation des réserves) », indique-t-il.

L’immobilisation des animaux est également l’occasion de poser des talonnettes si un onglet a besoin d’être soulagé.

Limiter les piétinements

Avant la traite, « le temps d’attente pour une vache est au maximum d’une heure, sachant que certaines logettes restent accessibles », explique l’éleveur. L’ensemble des 28 places de traite et des logettes de l’étable est revêtu de tapis en caoutchouc, récemment renouvelés et faciles d’entretien. En plus de cela, les dimensions des logettes sont plus grandes que les standards. « Les vaches se couchent sans problème. » Les places de couchage et au cornadis sont supérieures au nombre de vaches. « Il n’y a pas de compétition, chaque animal trouve sa place et dispose du temps de repos nécessaire, ajoute Jelmer. Sur la même logique, ils ne sont jamais longtemps bloqués au cornadis et six abreuvoirs sont disposés sur toute la longueur du bâtiment pour limiter l’attente, notamment en sortie de salle de traite. »

Sur le volet propreté des pieds, le nettoyage des sols par hydrocurage joue un rôle important. « Il faut simplement veiller à ne pas faire entrer de cailloux sur l’aire d’exercice », alerte l’exploitant. Enfin, la génétique et l’alimentation entrent également en ligne de compte. « Le choix des taureaux se fait autant sur les fonctionnels que sur le lait, et les laitières reçoivent un supplément de biotine dans leur ration afin de renforcer la corne », conclut-il.

Alexandra Courty

Un statut sanitaire général optimisé

En plus des bons résultats obtenus sur les boiteries, Jelmer Smitstra n’a à déplorer aucun autre problème d’ordre sanitaire sur l’exploitation. En 2018, le taux cellulaire moyen des vaches se situait en dessous des 150 000 cellules.

« Les frais vétérinaires ne me reviennent finalement qu’à quatre euros par mille litres maximum, en incluant les échographies, les médicaments et les prises de sang, explique l’éleveur.

Pour les talonnettes, c’est quatre euros par cas. C’est bien peu d’argent dépensé compte tenu des conséquences que certaines pathologies comme les boiteries pourraient engendrer sur la production laitière. » En moyenne dans l’Allier, les frais vétérinaires s’élèvent à quinze euros pour mille litres.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !