Dans une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture, diffusée vendredi, la Confédération paysanne explique pourquoi elle décide de boycotter la réunion technique sur les grilles de conditionnalité relative à l'identification des petits ruminants, qui devait se tenir le jour même.

Le syndicat « regrette le manque de débat de fond sur la conditionnalité », regrettant que l'Administration en soit « restée au règlement communautaire malgré les nombreuses difficultés du terrain exprimées avec force par différentes familles professionnelles : disparition des paysans du fait de la charge administrative et de la multiplication des contrôles, désertification des territoires, application des pénalités sur l'ensemble des aides Pac, dysfonctionnement du matérield'identification électronique... »

Déplorant l'absence de réponse de l'Administration « face aux demandes des professionnels, même minimes » telles que le recul de la date du 1er juillet 2012 pour l'entrée en vigueur de la traçabilité individuelle et l'assouplissement des contrôles, la Confédération paysanne « tient à rappeler ses revendications sur ce dossier ». Elle demande en particulier la possibilité de choisir le mode d'identification adapté aux différents types d'élevage (boucles classiques, bagues au pâturon...) et la suppression des déclarations de mouvements et la suppression des documents de circulation, jugeant que ces mesures obligatoires « n'apportent aucun bénéfice à de nombreux systèmes d'élevage ovin [et] donnent aux éleveurs l'impression d'être des criminels s'ils ne les respectent pas ».

Elle critique également les critères d'éligibilité aux aides aux petits ruminants, « fixés par le gouvernement français sous pression du syndicalisme majoritaire », qu'elle juge discriminatoires. « Nous demandons donc une nouvelle fois la suppression du seuil de 50 brebis pour l'éligibilité aux aides et la suppression des ratios de productivité tels qu'ils existent actuellement et pénalisent de plus en plus d'élevages, notamment en systèmes pastoraux », écrit le syndicat.

Téléchargez la lettre ouverte de la Confédération paysanne.

B.L.