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Le résultat net par actif continue à se redresser

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Comptes de l’agriculture/2018 - Le résultat net par actif continue à se redresser
En 2018, le résultat net par actif non salarié progresse de 17 %, après avoir grimpé de 25 % entre 2016 et 2017. Depuis 2006, on observe une très forte variabilité. © GFA

Les comptes provisoires de l’agriculture pour 2018 confirment la hausse du résultat net par actif annoncé en décembre 2018. Les charges augmentent à nouveau et l’emploi agricole continue de décroître.

L’Insee vient de confirmer, la hausse du revenu de la branche agricole (1), annoncée en décembre 2018, en publiant les comptes provisoires de l’agriculture pour 2018 ce 4 juillet 2019 par l’Insee. Par rapport à 2017, le résultat net (2) par actif non salarié pour la branche agricole progresse de 17 %, amplifié par la baisse tendancielle du nombre d’actif agricole.

L’institut de statistique rappelle que « ces chiffres rendent compte du revenu de l’activité agricole dans son ensemble, et ne doivent pas être interprétés comme le revenu des agriculteurs ». Ces données sont encore provisoires et pourront faire l’objet de réajustements lors de la publication des comptes définitifs à la fin de l’année 2019.

Les productions végétales dans le vert

La valeur de la production se redresse de 5,7 %, tirée par les productions végétales (+10 %). En grandes cultures, la baisse des volumes produits à cause des mauvaises conditions climatiques de 2018 est compensée par la hausse des prix (+8 %), en particulier en céréales (+13 %) et pommes de terre (+53 %).

L’augmentation forte du volume produit en vin (+29 %) contribue nettement à cette évolution positive. En production animale, les volumes produits sont stables mais la baisse des prix (–1,1 % au global), en porc (–12 %) et en œufs (–3 %), tire la production vers le bas. Elle baisse en valeur (volume x prix) de 0,9 %.

Énergie et carburants à la hausse

Les charges (engrais, produits phyto, aliment, carburant…) augmentent de 2 %, après plusieurs années de baisse. Les volumes consommés diminuent (–1 %) mais les prix augmentent (+3 %). La facture d’engrais et d’amendements augmente (+5,4 %) du fait de la hausse des volumes utilisés, notamment +11 % pour les engrais composés.

La facture énergétique s’est alourdie de 20 % depuis 2016. En 2018, le prix du gazole non routier s’envole de 21 %, celui du gazole routier progresse de 16 % et celui du gaz naturel de 8 %. La hausse des tarifs de l’électricité est modérée à + 1,3 %.

Marie Salset

(1) La branche agricole comprend l’ensemble des exploitations agricoles (de grandes à très petites), ETA, Cuma et lycées agricoles.

(2) Résultat net : production + subventions – impôts fonciers et autres impôts sur la production – consommations intermédiaires – consommation de capital fixe (= amortissements comptables) – rémunération des salariés – intérêts – charges locatives.

De plus en plus d’incertitudes et d’instabilité

Les chambres d’agriculture (APCA) rappellent que même si les comptes de l’agriculture se sont améliorés, l’instabilité et l’incertitude sont devenues deux paramètres structurels dont il faut tenir compte dans la gestion d’une exploitation agricole. Elles notent également que les investissements reculent depuis 2012 et que l’excédent commercial se dégrade, signalant que ce sont « deux signes qui doivent alerter les décideurs car la compétitivité de l’agriculture nationale sera mise à rude épreuve dans le cadre d’un accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne ».

La FNSEA reconnaît un retour du résultat brut de la branche agricole à un niveau similaire à 2015, mais estime qu’on ne peut pas parler de « véritable rattrapage » alors que « la valeur ajoutée créée par la branche agricole s’érode depuis des années ». Le syndicat rappelle que si les accords du Ceta, entre le Canada et l’Union européenne, et du Mercosur venaient à être ratifiés par les États membres, ils « anéantiraient les possibilités de valoriser les productions françaises à leur juste prix ».

La Coordination rurale souligne que les agriculteurs « peinent toujours à couvrir l’ensemble de leurs coûts de production, et que ce n’est pas la signature des accords avec le Mercosur ou la ratification du Ceta qui apporteront la solution pour sortir le secteur agricole de sa dépression mais, bien au contraire, leur rejet et l’institution d’une l’exception agriculturelle ».

La Confédération paysanne observe que « si la valeur de la production est en hausse de 5,7 %, celle-ci est due essentiellement aux bons résultats du secteur viticole » et s’inquiète de la « mise en concurrence de toutes les agricultures, tant française que mondiale ». Le syndicat certifie que « les récentes décisions sur le Mercosur et le Ceta, comme celle de confier la tête de la Banque centrale européenne à l’actuelle directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, montrent que les ultralibéraux n’ont pas l’intention de changer de système ».

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