La balance commerciale française des produits agroalimentaires a atteint un niveau record de +1,1 milliard d’euros en avril 2022. C’est le constat que dresse Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note de conjoncture diffusée le 14 juin 2022.

Un excédent record, porté par les exportations vers l’Union européenne

Il s’agit de son plus haut niveau pour un mois d’avril depuis 2013. En glissement annuel, l’excédent des échanges agroalimentaires français enregistre ainsi une « augmentation de 397 millions d’euros ».

Cette évolution est le résultat d’une augmentation plus forte (+861 millions d’euros, soit +15 %) des exportations que des importations (+464 millions, soit +9 %), portée principalement par les exportations de produits bruts vers l’Union européenne.

« Au premier rang des produits bruts exportés, la valeur des expéditions de céréales progresse de 384 millions », soit un bond de 71 % sur un an.

Les ventes de céréales vers l’union européenne progressent de 27 %

Avec les pays de l’Union européenne (UE), le solde des échanges est excédentaire de 165 millions d’euros, marquant une augmentation de 396 millions sur un an. Cet excédent s’explique par une croissance des exportations (+591 millions, soit +19 %) largement supérieure à celle des importations (+196 millions, soit +6 %).

Cette hausse « des exportations concerne plus particulièrement les ventes de céréales (blé et maïs vers l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas) pour les produits bruts et les viandes pour les produits transformés, détaille Agreste. Les quantités de céréales expédiées d’une année sur l’autre vers les pays tiers sont en retrait mais augmentent de 27 % vers l’UE ».

Mais surtout, « les prix moyens à l’exportation augmentent encore sensiblement sur un an : +50 % pour le blé tendre, +25 % pour le maïs et +53 % pour les orges ».

De leur côté, l’augmentation des importations en provenance des pays de l’UE « concerne exclusivement les produits transformés principalement à travers les achats de viande et de produits laitiers (beurre) », ajoute-il.

Augmentation de 10 % des exportations vers les pays tiers

Dans le détail, l’excédent commercial de la France avec les pays tiers est stable sur un an et s’établit à 889 millions d’euros. « Les exportations croissent de 270 millions d’euros sur un an (soit +10 %) dont 60 % du fait des produits bruts (+161 millions) grâce aux ventes de céréales qui progressent de 160 millions d’euros », précise Agreste.

La croissance des ventes de produits transformés progresse, quant à elle, de 109 millions d’euros en glissement annuel et concerne essentiellement les ventes de spiritueux (cognac vers les États-Unis) et les huiles.

Toutefois, la hausse des exportations est compensée par celle des importations (+268 millions sur un an, soit +14 %) et concerne pour près de 80 % les produits transformés (viandes en provenance du Royaume-Uni et préparations à base de produits de la pêche).

« Au total, le recul de l’excédent des échanges de produits transformés (–104 millions d’euros sur un an) est équilibré par la réduction du déficit commercial en produits bruts (–105 millions) », observe Agreste.

Laurine Mongenier